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Commotions cérébrales: les premiers sportifs testés l’an prochain

Elisa Cloutier | Journal de Québec

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Le projet de recherche du CHU de Québec visant à identifier et à prévenir les effets des commotions cérébrales à long terme commencera cet automne, alors que les premiers sportifs seront « testés » en 2020.

Au total, une centaine de sportifs d’un peu partout au Québec seront appelés à participer à ce projet de recherche, le premier au Québec, et d’ici cinq ans il permettra de détecter dans le sang les effets à long terme des commotions cérébrales.

L’objectif est d’identifier de façon précoce la ou les protéines associées aux maladies neurodégénératives liées aux commotions cérébrales, comme l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), pour pouvoir les traiter rapidement. Pour le moment, l’ETC n’est détectable que par l’autopsie du cerveau, une fois la personne décédée.

« Nous pourrons aussi analyser les urines, le liquide céphalo-rachidien [par ponction lombaire] et les imageries médicales. Mais, le but premier est d’identifier les biomarqueurs dans le sang, puisque c’est le plus simple », précise le Dr Nicolas Dupré, neurologue et chercheur, qui dirige le projet de recherche.

Sélection aléatoire

Ainsi, les quelque 100 premiers sportifs de tout acabit seront choisis aléatoirement, en collaboration avec des chercheurs d’un peu partout au Québec. « Le premier groupe cible sera composé d’individus qui auraient déjà des conséquences des commotions, détectables soit par l’imagerie médicale ou les tests neuropsychologiques. Puis, nous allons étendre les tests à des gens qui n’auraient pas de symptômes », explique le Dr Dupré.

« Nous n’allons pas nécessairement prendre des sportifs de haut niveau qui sont plus difficiles à solliciter et qui sont très occupés, sans compter qu’il y a aussi souvent des éléments tabous par rapport aux commotions dans le sport », ajoute le chercheur.

6 millions $

Au total, près de 1000 sportifs pourraient participer aux travaux de recherche.

Estimé à 6 M$, le projet de recherche s’effectuera principalement à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Dès l’automne prochain, les chercheurs Nicolas Dupré et François Gros-Louis travailleront d’abord à perfectionner leurs outils de détection avant de recevoir leurs premiers cobayes.

Six personnalités du milieu sportif, dont Simon Gagné, Louis Garneau et Michel Laplante, se sont associées au projet de recherche, dans le but d’amasser des fonds.

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