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Explosion du nombre de fermiers bio

Hugo Duchaine | Journal de Montréal

HUGO DUCHAINE/JOURNAL DE MONTRÉAL

Le bio a connu une forte croissance au Québec dans la dernière année alors que le nombre d’entreprises agricoles détenant une certification biologique a augmenté de près de 30 %.

«C’est gigantesque», se réjouit Louise Hénault-Éthier, de la Fondation David Suzuki, devant les chiffres dévoilés lundi par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV).

Cet organisme régit l’appellation biologique dans la province. On y remarque que l’intérêt pour le bio s’accentue particulièrement depuis deux ans, autant chez les entreprises agricoles que pour les aliments transformés.

«C’est très clair et sans équivoque», dit la présidente du CARTV, Pascale Tremblay. Elle ajoute que cet intérêt est propulsé par la demande des consommateurs.

L’attrait pour le bio ne se limite pas aux fruits et légumes. Il faut compter des produits comme le sirop d’érable.

Dans la dernière année, le nombre d’entailles pour une production biologique a augmenté de 24 %. Pour les entreprises acéricoles, c’est un bond de 41 %, soit de 646 à 913.

Le nombre d’entreprises en production végétale a crû de 17 % et la production animale a quant à elle eu une croissance de 11 %.

Petits producteurs

Les superficies de production biologique sont passées de 72 000 hectares en 2017 à près de 85 000 hectares en 2018, soit 17 % de plus. La croissance est donc moins rapide que le nombre d’entreprises.

Mais ce n’est pas surprenant puisque le bio est souvent fait par de plus petits producteurs, affirme Louise Hénault-Éthier.

D’où l’importance pour les gouvernements de continuer de soutenir cette agriculture, fait-elle valoir.

«L’humanité court à sa propre perte [...] d’un point de vue de santé humaine et environnementale, c’est super important [le bio]», souffle Mme Hénault-Éthier.

Elle rappelle que des études ont montré du doigt les pesticides dans les déclins d’insectes ou dans les maladies, par exemple.

Au Québec, une production bio ne contient ni pesticides ni herbicides chimiques, pas de fertilisants et pas de semences issues d'OGM. Les animaux sont élevés sans antibiotiques ou hormones de croissance et dans des conditions de vie décentes. Enfin, les produits transformés ne contiennent pas d'agent de conservation chimique, par exemple.

Le bio offre «une belle garantie [pour les consommateurs]», poursuit Pascale Tremblay, car les producteurs doivent respecter un cahier de charges strict pour obtenir la certification. Ils sont aussi fréquemment inspectés.

«C’est beaucoup plus difficile [de produire bio]», reconnaît le président de Pure Horticulture, Stéphane Bucquet. Par contre, il remarque l’intérêt grandissant des clients qui sont « sécurisés » par le bio.

Surtout que la fraude alimentaire est bien présente dans les marchés publics, comme le marché Atwater, où il possède un kiosque de produits bio.

Ce n’est pas parce qu’un légume se vend dans un marché qu’il vient du Québec et encore moins qu’il est bio, précise-t-il.

Sur place, des clients ont affirmé au Journal faire le choix du bio pour leur santé. « Je n’ai pas envie de mourir empoisonné », lance Mario Lavigne, qui n’achète que du bio depuis plusieurs années, même s’il sait que « c’est vraiment plus cher ».

Total d'entreprises bio*

  • 2018 : 2671

  • 2017 : 2172

  • 2016 : 1592

  • 2015 : 1450

  • 2014 : 1349

* incluant les transformateurs de produits

Fermes bio

  • 2018 : 2083

  • 2017 : 1609

  • 2016 : 1222

  • 2015 : 1128

  • 2014 : 1051

Source : CARTV