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«Finale»: acrobaties de garage

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

Survolté, incandescent, festif: les adjectifs ne manquent pas pour décrire «Finale», joyeux délire - pour ne pas dire joyeux bordel - de la troupe allemande Analog, qui nous visite ces jours-ci à l’invitation des festivals Montréal complètement Cirque et Juste pour rire, et qui séjourne au Théâtre St-Denis.

D’entrée de jeu, on mentionne que l’endiablée production avait d’abord été pensée en termes de théâtre de rue. Elle a finalement été muée en drôle d’objet hétéroclite un brin juvénile et bruyant, un melting-pot entremêlant éléments de cabaret, de concert rock et d’art circassien, arrosé de plusieurs pluies de confettis colorés.

Dans «Finale» (prononcez «Finalé»), de savantes (et spectaculaires) acrobaties côtoient des numéros exclusivement chantés, lumières et musiques nous laissent croire qu’on est dans une discothèque, et on a même droit à un peu de (légère) nudité!

Quiconque a le cœur à la fête y prendra un immense plaisir. En revanche, si on a la migraine en s’assoyant dans son siège, on sera déstabilisé par tant de stimulus. «Finale» revêt les teintes et provoque les mêmes effets vivifiants qu’une boisson énergisante. Un liquide qui requinque et enhardit sur le coup, mais dont il ne faut évidemment pas abuser.

Jongler et dribler

Le décor laisse croire à un garage où des adolescents vont répéter les partitions de leur groupe de musique amateur. Justement, une batterie et son maître trônent au milieu de l’amas de boîtes de carton, lesquelles forment un mur sur scène.

Des artistes d’Analog déambulent dans les allées du Théâtre St-Denis, pendant qu’à l’avant, un coffre change de position et devient la base d’une pyramide complétée par chaises et planches. Ça s’éternise un brin, mais les spectateurs sont captivés.

Puis, les éclairages multicolores balaient les lieux, laissant croire à une virée dans une boîte de nuit. Tout du long, la chanteuse interagira beaucoup avec le parterre d’un ton moqueur.

Dans tout ce tape-à-l’œil, et c’est dommage, on perdra peut-être un peu de vue le talent des acrobates de «Finale», qui offrent des contorsions particulièrement renversantes. Comme cette fille qui tournoie la tête en bas dans un cerceau et qui y finira accrochée par un seul pied, cette personne qui se tient en équilibre sur une seule main au sommet d’une pile de livres et d’une chaise, et ce gaillard qui jongle en driblant avec une panoplie de balles. L’un des personnages arrive même à se tortiller par terre au même rythme que sa roue Cyr.

«Finale» tient l’affiche du Théâtre St-Denis jusqu’au 20 juillet.