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Moins de surveillance pour les camions surchargés, selon le syndicat

Éric Yvan Lemay | Journal de Montréal

Archives/Agence QMI

Le syndicat qui représente les contrôleurs routiers déplore une baisse des constats d’infraction pour surcharge, alors qu’il n’y a jamais eu autant de camions sur nos routes.

Le nombre de billets d’infraction est passé d’environ 7000 en 2010 à 5151 l’an dernier.

La diminution n’est pas due au fait qu’il y a moins d’infractions, selon le président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec, Éric Labonté. Ce serait plutôt lié au fait qu’on accorde moins la priorité aux surcharges, y compris durant les périodes de dégel.

« Pour vous donner un exemple, ils ont fait une opération de vérification de cellulaires [au volant] à Sherbrooke durant le dégel. Tout ça, alors qu’il y a une augmentation des véhicules lourds », dénonce-t-il.

Selon lui, il n’était pas rare par le passé que les contrôleurs routiers fassent des heures supplémentaires durant la période de dégel, une façon de faire rarissime aujourd’hui. Or, c’est durant le dégel que les dommages causés par les camions sur les routes sont les plus importants.

En mai dernier, le syndicat a envoyé une lettre à leur patron de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour dénoncer le manque de surveillance.

Meilleure sensibilisation

La SAAQ reconnaît une baisse du nombre de constats, mais elle l’attribue à une plus grande sensibilisation au sein des entreprises de camionnage.

« Les données provenant d’enquêtes sur le camionnage indiquent que seulement 9 % des véhicules circulaient avec la charge maximale permise », explique la porte-parole Anne-Marie Dussault Turcotte. Selon elle, le nombre de vérifications de transport a plutôt augmenté. Les contrôleurs font une série de vérifications, dont celle du poids du chargement, lorsque jugé nécessaire.

Éric Labonté dénonce également une tolérance accordée aux camionneurs en surcharge. « C’est 500 kg par essieu, même durant le dégel », soutient-il.

La SAAQ justifie cette tolérance par des considérations juridiques et la difficulté d’évaluer la masse d’un chargement et sa répartition dans un véhicule.

Par ailleurs, des camionneurs utilisent une application sur leur téléphone qui leur permet de savoir à l’avance quel poste de contrôle est ouvert ou fermé.

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