/regional/montreal/montreal

Une pénurie de personnel qui suscite des inquiétudes sécuritaires à l'Institut Philippe-Pinel

TVA Nouvelles

L’Institut psychiatrique Philippe-Pinel fait face à un manque criant de travailleurs, ce qui pourrait nuire à la sécurité des travailleurs comme du public, estime le Syndicat des employés, qui lance un cri d’alarme.

«Au départ, le problème, c’est la rétention des employés, on a de la misère à garder nos gens. Et les services aux patients sont amoindris parce qu’on est obligés de mettre de côté des activités», déplore la présidente du Syndicat des employés de l’Institut Pinel, Marie-Ève Désormeaux.

La situation provoque également des préoccupations en matière de sécurité publique. «Quand nos patients sortent, s’ils sont mal réadaptés, on a un problème sécuritaire parce qu’ils vont revenir de toute façon éventuellement», poursuit Mme Désormeaux.

En raison des effectifs réduits, le syndicat craint que les accidents augmentent et que diminuent les services aux patients.

Selon le Syndicat canadien de la fonction publique, entre le 17 juillet et le 31 août 2019, ce sont 167 quarts de travail en soins infirmiers qui ne seront pas comblés, 410 de sociothérapeutes, notamment des éducateurs, et 490 quarts d’agents d’intervention.

Par ailleurs, on dénombre 127 déclarations d’accidents entre janvier et juin dernier, mais selon la direction, environ trente d’entre elles seraient reliées à des agressions

«On l'a vu depuis quelques années que les agressions augmentent, dû à un manque de connaissances, un manque de formation», explique le sociothérapeute Vincent Roy.

La direction offre une prime de 75 dollars par quart de travail aux infirmières qui acceptent de faire une fin de semaine en temps supplémentaire, mais les autres employés n'ont pas droit à cet avantage.

«C'est une bonne mesure incitative, mais pourquoi on va l'offrir seulement aux infirmières?» demande Luc Beauregard, président du Syndicat des techniciens et professionnels.

Du côté de la direction de Pinel, le directeur adjoint n'était pas disponible pour nous accorder une entrevue à la caméra. Par courriel, il nous écrit que depuis trois mois, 90 employés ont été embauchés et quelque 300 l’ont été depuis mai 2018.

Selon le syndicat, des activités cliniques ont été annulées, de même que des rencontres avec des professionnels de la santé, faute de surveillance.