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Des dépliants «pro-vie» distribués dans un cinéma Guzzo

Vanessa Destiné | Agence QMI

CAPTURE D'ÉCRAN/YOUTUBE

Un militant anti-avortement a profité de la projection du controversé film «Unplanned» pour distribuer des dépliants pro-vie à l’intérieur d’un cinéma Guzzo, lundi matin, une situation que le propriétaire de l’établissement juge inacceptable.

Brian Jenkins, militant associé à la Campagne Québec-Vie, une organisation chrétienne qui vise à défendre «la foi, la famille et la vie», remettait en main propre deux documents rédigés en français.

Le premier est une revue papier de «Culture de Vie», une sorte de bulletin mensuel qui rapporte les dernières actualités concernant l’avortement, mais qui dénonce aussi les avancées dans la cause LGBTQ+.

Le second, une missive adressée «aux amis de la Vie», fait la promotion de la Campagne Québec-Vie et invite le public à «appuyer [le] mouvement de renouvellement du Québec».

On y explique que la province traverse «des moments difficiles, voir périlleux» pour son avenir en évoquant les supposés ravages de l’interruption volontaire de grossesse, ainsi que de l’aide médicale à mourir. Le document invite également le lecteur à faire un don à l’organisation allant de 35 à 5000 $ pour aider à bâtir une culture «qui accueille et protège la vie.»

Brian Jenkins, qui a déjà tenté sa chance en politique fédérale en portant les couleurs du Parti de l’Héritage Chrétien, a ensuite assisté à la projection accompagnée de deux femmes. Il a indiqué qu’il en était à son troisième visionnement du film.

Vincent Guzzo réagit

Questionné par notre collaboratrice sur la présence de M. Jenkins dans l’enceinte du cinéma et sur ses activités s’apparentant à du prosélytisme, Vincent Guzzo a été catégorique. «C’est inacceptable à tous les niveaux. C’est inapproprié», a-t-il tonné en répétant que la distribution des dépliants avait eu lieu à son insu.

«Personne ne m’a averti. Mes employés ne sont pas censés tolérer ça... Que des personnes viennent dans ma business, ma propriété privée faire ce genre de choses, c’est inacceptable», a-t-il continué. Vincent Guzzo a ajouté qu’il avait toléré que des militants pro-choix distribuent des dépliants informatifs à l’extérieur vendredi dernier, lors de la première journée de projection du film «Unplanned».

«Ce n’est pas la même chose, [les militants] pro-choix étaient dehors sur la voie publique», a-t-il précisé.

Vincent Guzzo a dit avoir été mis au parfum de l’existence de la Campagne Québec-Vie au cours des dernières semaines par l’entremise des réseaux sociaux. L’organisation a fait circuler une pétition de près de 1000 signatures réclamant la distribution de «Unplanned» dans les salles de cinéma de la province.

L’homme d’affaires flamboyant nie toutefois tout lien direct avec les militants. «Je ne les endosse pas, je ne les appuie pas», a-t-il martelé.

«Je crois par contre qu’on peut continuer à avoir un débat sur l’avortement. On dit que le sujet est clos! Mais comment un débat comme ça peut être clos? C’est comme la question référendaire... il faut pouvoir reconnaître qu’au Québec et au Canada il y a des gens qui disent "oui" au droit à l’avortement, mais qui se posent quand même des questions sur les balises à avoir pour l’encadrer.»

Accès refusé

Vincent Guzzo a réitéré que la sollicitation était interdite dans ses établissements à moins d’une permission spéciale et a invité les spectateurs qui seraient témoins d’une scène du genre à rapporter le tout aux gérants présents sur place.

À la suite de notre entrevue mardi, M. Guzzo a indiqué que Brian Jenkins a été repéré dans le même cinéma en début de journée et que l’accès lui a été refusé.

Au Québec, le film «Unplanned» a terminé au 18e rang des films les plus vus le week-end dernier avec des recettes de 11 500 $.

- avec la collaboration de Philippe Melbourne Dufour

Extrait de la lettre de la campagne Québec-Vie

«Présentement au Québec, avec la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, nous permettons désormais aux médecins de tuer les patients malades et vulnérables qui ‘’réclament’’ la mort. Étant donné l’état lamentable de notre système de santé et de son manque de ressources, nous ne pouvons imaginer ce que ce genre de pratique apportera.»

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