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Le Beaver, «comme une vieille Mustang qui a fait ses preuves»

TVA Nouvelles

Les causes de l’écrasement d’hydravion au Labrador, qui a fait trois morts et quatre disparus, mardi, restent encore à déterminer.

«L’aviation de brousse, c’est un monde à part, dans la façon dont on opère l’avion et dans le support qu’on a», a expliqué le commandant de bord Dominic Daoust, invité à identifier des hypothèses en entrevue au TVA Nouvelles.

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L’homme, qui est également ancien pilote de brousse, spécifie d’abord que cet appareil de type Beaver, opéré par Air Saguenay, est «très, très vieux, donc les mains du pilote sont directement liées au contrôle de l’avion, il n’y a aucun effet d’amortissement sur les contrôles. Chaque atterrissage a son lot de défis».

Moteur unique

Un vieil avion, donc, «mais c’est un peu comme une vieille Mustang ou une Camaro, où la mécanique est tellement simple. Ça a fait ses preuves et il n’y a pas grand-chose qui peut briser», a illustré M. Daoust.

L’appareil a cependant un handicap majeur: il possède seulement un moteur, donc il faut espérer qu’il remplisse ses promesses tout au long du trajet.

Météo

La météo a, de façon évidente, un rôle majeur à jouer, et considérant que la station météorologique la plus près du site de l’accident se trouve à une centaine de kilomètres, les mauvaises surprises peuvent survenir. Dans la plupart des cas, explique le commandant de bord, le pilote va appeler, sur la radio, des guides qui se trouvent déjà au sol et qui vont l’aider à évaluer les conditions.

Même le beau temps peut représenter un risque, notamment à cause de l’effet miroir sur les lacs qui font perdre tout effet de profondeur.

«Artistes de l'air»

Le pilote aux commandes de l’hydravion qui s’est écrasé était décrit comme très expérimenté, à l’emploi d’Air Saguenay  depuis 2011. Ceux qui travaillent dans les régions au nord ont tendance à rester dans le même secteur pendant toute leur carrière. «Ça fait des pilotes extrêmement expérimentés, ce sont des artistes de l’air ces gens-là», a conclu M. Daoust.

En consultant le Registre des aéronefs civils canadiens sur le site de Transports Canada, on apprend qu'il y a 60 appareils DHC 2 Beaver enregistrés au Québec et 378 au pays,

Série noire

Cette tragédie s’ajoute aux autres accidents impliquant des appareils de type Beaver au Québec depuis quelques années.

En juillet 2010, deux personnes sont mortes après l'écrasement d'un DHC-2 Beaver de la compagnie Nordair à Radisson. Une surcharge de l'avion était notamment à l'origine de l'accident.

Le 12 septembre 2013, l'humoriste Peter MacLeod a frôlé la mort dans un accident d'hydravion en Mauricie. L'avion qui le suivait est entré en collision avec le sien. Par miracle, son avion s'est immobilisé, coincé dans les arbres.

En consultant le Registre des aéronefs civils canadiens sur le site de Transports Canada, on apprend qu'il y a 60 appareils DHC 2 Beaver enregistrés au Québec et 378 au pays.