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Ottawa confirme l’octroi d’un contrat de 500 M$ à la Davie

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

Le gouvernement Trudeau a confirmé, mardi, l’attribution d’un contrat de 500 M$ au chantier maritime Davie pour l’entretien de trois des douze frégates canadiennes, ouvrant ainsi la voie à une autre annonce d’envergure attendue d’ici «quelques semaines».

Ottawa pourrait annoncer, avant le déclenchement de la prochaine campagne, l’inclusion du chantier Davie à la Stratégie nationale de construction navale, afin de réparer «l’erreur majeure» commise par les conservateurs en 2011, a insisté le ministre Jean-Yves Duclos lors d’un point de presse à saveur préélectorale à Lévis.

Plusieurs centaines de travailleurs du chantier lévisien, éprouvés dans les dernières années par le manque de boulot – contrairement aux chantiers Seaspan de Victoria et Irving de Halifax qui ont été priorisés par Ottawa – étaient présents pour l’occasion. Ils avaient tous le sourire aux lèvres, fiers de ce nouveau contrat qui procurera de la stabilité à l’entreprise et du travail à 400 ouvriers pendant au moins cinq ans.

Plus gros contrat de l'histoire

Et ce n’est qu’un début. À terme, d’ici 2040, la Davie a l’assurance d’obtenir «2 milliards $ minimum sur les 7,5 milliards $» alloués pour la maintenance des frégates avant la mise en service des nouveaux navires de combat dans vingt ans, a confirmé M. Duclos, précisant qu’il s’agit du plus contrat de l’histoire octroyé par le gouvernement canadien à la Davie.

L’annonce du jour a été faite en simultané par la ministre Carla Qualtrough au chantier Seaspan qui a aussi hérité d’un contrat identique de 500 M$. Le chantier Davie devrait accueillir en cale sèche le NCSM Ville de Québec en août 2020, pour le début des travaux. Suivront le NCSM Halifax et le NCSM Montréal.

«Aujourd’hui, c’est un très très très grand jour. C’est une journée très spéciale», a réagi Frédérik Boisvert, le vice-président aux affaires publiques du chantier Davie en conférence de presse.

«Nous progressons vers notre vision, notre objectif à long terme d’être reconnu comme le chantier naval #1 au pays. Chaque pas qui nous rapproche de notre objectif est important. Aujourd’hui, il s’agit d’un pas énorme», a renchéri le chef des opérations du chantier Davie, Stephen O’Brien.

«Davie renaît», dit Duclos

«Davie renaît et reprend sa place», a déclaré M. Duclos, qui a souligné la «persévérance» de la direction du chantier durant les années de vaches maigres et «l’appui des dirigeants syndicaux». Récompensée pour sa pugnacité, la présidente du conseil central de la CSN Québec-Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, a même eu droit à une ovation debout.

Présent pour l’occasion, le maire de Lévis Gilles Lehouillier a encensé le travail des libéraux, mais aussi du syndicat pour relancer le chantier. «C’est un premier geste, enfin, qui est posé pour assurer la pérennité du chantier Davie. Je tiens à vous dire une chose et je le dis publiquement parce que c’est vrai; N’eût été de la CSN, n’eût été des exécutifs qui se sont succédé, ça ferait longtemps que le chantier serait fermé et que le cadenas serait sur la porte.»

Stratégie nationale

«C’est une bonne nouvelle, mais on attend toujours l’annonce pour corriger l’injustice de 2011, soit l’intégration du chantier naval Davie dans la Stratégie nationale de construction. Ça va boucler la boucle au complet», a réagi Ann Gingras.

«C’est 400 emplois par année pendant une dizaine d’années à partir de 2020-2021, ça consolide des emplois à moyen et long terme. Il nous reste juste à consolider des emplois à court terme en incluant Davie dans la Stratégie navale, mais on est très heureux de l’annonce», a commenté pour sa part le président du syndicat des travailleurs, Réjean Guay.

Le gouvernement Trudeau ne cache pas qu’il planche sur une annonce en ce sens, plus tôt que tard, disant même mettre de la pression sur les fonctionnaires. «Les discussions vont très bien (...) et on hâte d’avoir des meilleures nouvelles encore dans les prochaines semaines», a indiqué M. Duclos, refusant de préciser si l’inclusion de la Davie à la Stratégie nationale allait priver les deux autres chantiers canadiens de contrats déjà annoncés dans le passé.

«Il y a des étapes administratives importantes parce qu’on ne veut pas se retrouver en cour, mais elles vont être franchies rapidement, je crois, au cours des prochaines semaines, ce qui va donner au chantier Davie et à ses travailleurs, aux 900 fournisseurs, à la région de Québec et à tout le Québec la chance de se réjouir de finalement être un des trois chantiers piliers de la nouvelle Stratégie.»

Les besoins du Canada, qui compte renouveler la flotte de la Marine royale canadienne et de la Garde côtière dans les prochaines décennies sont «immenses», a insisté le député Joël Ligthbound en mêlée de presse, ajoutant que le chantier de Lévis, qui possède la plus grande capacité de production au pays, méritait d’avoir «sa juste part» du gâteau.

Écorché par les libéraux, le député conservateur de Lévis Steven Blaney n’a pas manqué de souligner que l’annonce du jour ne permettrait pas de rappeler des ouvriers à court terme. «Contrairement aux libéraux qui pellettent par en avant, dès que les conservateurs sont élus, (nous allons octroyer un contrat pour) l’Obélix parce que c’est un besoin urgent.»

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