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Une troisième entreprise sur la liste grise de la Ville de Montréal

Elsa Iskander | Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Une entreprise choisie pour fournir des pantalons aux policiers montréalais a été ajoutée à la liste des firmes à rendement insatisfaisant de la Ville de Montréal.

Le 1er mai, Entreprises Forlini - Division Équipement de Sécurité Universel inc., est devenue la troisième entreprise à rejoindre cette «liste grise» en 2019. Huit autres entreprises y figurent.

La Ville peut rejeter pendant deux ans les soumissions des fournisseurs inscrits à cette liste, même lorsqu’il s’agit du plus bas soumissionnaire conforme.

L’entreprise fournissait des vêtements de travail. Par exemple, environ 175 000 $ en vêtements et bottes de travail ont été commandés par la Ville lors des inondations en avril dernier

En 2018, l’entreprise avait obtenu 2,8 millions $ de contrats, selon les données du site «Vue sur les contrats». Depuis le début 2019, les contrats accordés par la municipalité dépassaient le demi-million de dollars.

En mai dernier, soit après son inscription à la liste, l’entreprise a reçu près de 100 000 $ de commandes. Celles-ci ont été émises «dans le cadre de contrats octroyés préalablement à l'inscription de l’entreprise sur la liste des firmes à rendement insatisfaisant; et ce, suite à deux appels d'offres», expliquent les communications de la Ville. «La Loi sur les cités et villes ne permet pas d'annuler des contrats pour des motifs de rendements insatisfaisants.»

Pantalons en retard

En décembre 2017, le comité exécutif avait octroyé à Entreprises Forlini un contrat avoisinant 380 000 $ pour l’acquisition de 5600 pantalons destinés au Service de police de la Ville de Montréal.

Un an plus tard, moins de 3000 pantalons avaient été livrés. Des imperfections étaient décelées sur environ 1900 items. En février 2019, il manquait toujours 600 pantalons.

Une note de 39 % a ainsi été attribuée à l’entreprise pour ce contrat, alors que la note de passage est 70 %. «Les carences identifiées dans l'exécution du contrat sont principalement reliées au dépassement des délais de livraison convenus, à la gestion déficiente des sous-traitants, à la lenteur des actions correctives demandées et à la non-fiabilité des informations transmises», explique le Service d’approvisionnement de la Ville dans un document adressé au comité exécutif.

Dans un échange de correspondance, la Ville informe l’entreprise que seuls 78 000 $ seront déduits en raison des retards, alors qu’une pénalité d’un demi-million de dollars pouvait s’appliquer.

Pour sa part, l’entreprise critique la rigidité de la Ville et soutient que les délais étaient reliés à une difficulté à obtenir le tissu spécifique exigé. Un «tissu équivalent» proposé n’a pas été accepté, d’après le directeur des ventes Peter Forlini. «Ça nous fera plaisir de ne pas soumissionner pendant deux ans sur vos projets», écrit-il dans un courriel à la Ville.