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Des menaces prises au sérieux

Yves Poirier | TVA Nouvelles 

Deux jours après la sortie publique de groupes de pression catégoriquement opposés à la construction d’un nouveau centre de surveillance de l’immigration à Laval, TVA Nouvelles a appris que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est en contact avec la police afin d’assurer la sécurité des installations.

Au cours des derniers mois, des actes de vandalisme ont été perpétrés à l’égard d’entreprises qui ont collaboré à l’élaboration du projet de près de 50 millions $ qui verra le jour en 2021 sur la montée Saint-François, à Laval. C’est la compagnie Tisseur inc. de Val-David qui s’est vu attribuer par le fédéral le contrat de construction du centre de surveillance de l’immigration.

Questionnée par TVA Nouvelles sur les gestes de vandalisme et l’octroi du contrat à l’entrepreneur Tisseur, la porte-parole de Solidarité sans frontières, Amy Darwish, a déclaré : «Nous allons certainement continuer les actions publiques sur Tisseur afin d’abandonner ce projet et stopper la construction de cette prison (...) Je ne condamne pas ces actions, mais bien la violence du système de détention», a-t-elle aussi ajouté au sujet des actes de vandalisme entourant le projet.

En réponse aux questions de TVA Nouvelles, l'ASFC se dit «consciente des menaces proférées et les prend très au sérieux. L'Agence collabore étroitement avec ses partenaires et les autorités policières sur cette question afin d’assurer la sécurité de ses employés et de ses installations. Elle a également mis en place des mesures pour atténuer les effets de tout événement lié à la construction du projet du Centre de surveillance de l'immigration de Laval.

Par ailleurs, l’ASFC juge qu’il n’est pas approprié d’utiliser l’expression «prison pour migrants», comme l’ont fait lundi les opposants au projet.

«Il est important de corriger et de clarifier que le nouveau Centre de surveillance de l’immigration (CSI) de Laval, comme les autres CSI de l’ASFC, n’est pas une prison. Il s’agit d’une installation construite pour accueillir des personnes dont le niveau de risque nécessite que l’Agence les surveille afin d’atteindre ses buts en matière de sécurité publique. La détention est un outil essentiel au renvoi des personnes interdites de territoire. La détention n’est pas arbitraire. Il s’agit d’une mesure de dernier recours et les solutions de rechange à la détention doivent toujours être envisagées.»

Conformément à l’article 55 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, les agents de l’ASFC ne peuvent détenir un résident permanent ou un étranger que lorsqu’il existe des motifs raisonnables de croire que la personne est interdite de territoire et :

- qu’elle constitue un danger pour le public;

- qu’elle se soustraira vraisemblablement aux procédures d’immigration;

- qu’elle n’est pas en mesure de convaincre l’agent de son identité;

- que la détention est nécessaire pour terminer des contrôles de l’immigration ou qu’il y a des motifs de soupçonner que la personne est interdite de territoire pour raison de sécurité, pour atteinte aux droits humains ou internationaux, pour grande criminalité, criminalité ou pour activités de criminalité organisée;

- qu’elle est désignée membre d’une arrivée irrégulière par le ministre de la Sécurité publique (personnes âgées de 16 ans ou plus seulement).

En 2017-2018, seulement 2 % de toutes les personnes arrivées de façon irrégulière au Canada ont été détenues, indique l’Agence.

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