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Des remboursements pour déplacements médicaux jugés «discriminatoires»

Olivier Roy-Martin | TVA Nouvelles

Un citoyen de Longue-Rive dénonce la nouvelle politique de remboursement de transports médicaux, estimant que cette politique est discriminatoire pour les gens de son village.

Tout a commencé quand Serge Dion a appris qu’une résidente de Longue-Rive s’était vue refuser en mai un remboursement pour un rendez-vous médical à Saguenay, quelques mois après qu’elle se soit fait rembourser pour le même déplacement en février.

C’est que la dernière politique de remboursement de déplacements adoptée par le Centre de Santé de la Côte-Nord permet à des patients de son village de recevoir des remboursements pour se rendre à l’hôpital de Chicoutimi, alors que d’autres, non.

«C’est discriminatoire pour certaines personnes», s’indigne l’homme.

La politique ne prévoit seulement un remboursement que pour les déplacements de plus de 200 km entre le lieu du rendez-vous médical et la résidence ou le bureau du médecin de famille du patient.

M. Dion explique des citoyens qui ont un médecin de famille basé aux Escoumins, soit à moins de 200 km de Saguenay, n’ont pas droit au remboursement. À l’inverse, ceux qui ont un médecin de famille plus près, à Forestville, ont droit à ces remboursements puisque la distance à parcourir est supérieure aux 200 km prévus.

«Ma crainte, c’est que des gens âgés qui sont seuls maintenant parce que le conjoint est décédé décident de ne pas prendre des rendez-vous avec des spécialistes parce qu’ils ne pourront pas le faire», évoque-t-il. 

Le CISSS Côte-Nord s'adapte

Le Centre de Santé a finalement décidé que les patients qui bénéficiaient d’un remboursement pour des déplacements avant la nouvelle politique seront remboursés. Mais les personnes qui n'avaient pas droit à ce remboursement avant ne profiteront pas de ce changement pour voir des spécialistes à Saguenay si leur médecin de famille est basé aux Escoumins.

«On continue toujours d’appliquer la politique du ministère qui dit qu’il doit y avoir 200 km entre les deux établissements», lance Serge Dion.

Pour sa part, le Centre de Santé de la Côte-Nord précise que la nouvelle politique n’est pas une initiative locale, mais une commande du ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette politique doit d’ailleurs être modifiée d’ici la fin de l’année.