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Ottawa offre 900 M$ aux victimes d’inconduites sexuelles dans l’armée canadienne

Agence QMI

Les victimes de harcèlement et d’inconduite sexuels dans les Forces armées canadiennes (FAC) se sont finalement entendues avec Ottawa et pourraient recevoir jusqu’à 900 millions $.

L’entente correspond à 800 millions $ pour les employés militaires et 100 millions $ pour ceux du civil. Chaque victime pourra recevoir jusqu’à 150 000 $ en compensation.

Un avis public autorisé par la Cour fédérale a été publié jeudi.

«Nous souhaitons que le règlement permette aux victimes et aux survivants d’agression sexuelle, de harcèlement et de discrimination de tourner la page, de guérir et de sentir que leurs expériences sont reconnues», ont fait savoir la sous-ministre Jody Thomas et le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, dans une déclaration.

«À toutes les personnes qui ont eu le courage de se manifester dans le cadre de ces recours collectifs, ainsi qu’aux personnes qui le feront à l’avenir, nous regrettons sincèrement que vous ayez été touchées par une inconduite sexuelle dans notre milieu de travail, lit-on également. Nous reconnaissons qu’il faut beaucoup de courage pour se manifester, faire part d’expériences difficiles et douloureuses, et réclamer un changement.»

Une audience d'approbation devant la Cour fédérale prévue, les 19 et 20 septembre à Ottawa, devra officialiser ce règlement.

Il s’agit d’une entente à l'amiable conclue par le gouvernement fédéral dans le cadre de quatre différentes actions collectives déposées à Ottawa, Toronto, Halifax et Québec.

Rappelons que l’ancienne juge Marie Deschamps a remis en mai 2015 un rapport accablant sur les cas d’inconduite sexuelle et de harcèlement sexuel dans les FAC. Elle recommandait notamment un changement de culture à tous les échelons au sein des FAC, où les agressions et les gestes à caractère sexuel étaient légion et vues comme un passage obligé.

Malgré tout, les cas d’agressions sexuelles restent fréquents dans l’armée canadienne et les victimes ont toujours peur de se manifester.

Un sondage de Statistique Canada auprès de 36 000 membres des FAC indiquait en mai dernier que pas moins de 900 membres de la force régulière, soit 1,6 % des effectifs, ont déclaré avoir subi une agression entre l’automne 2017 et l’automne 2018. En 2016, ce taux était de 1,7 %. En comparaison, il était de 0,9 % dans l’ensemble de la population canadienne en 2014.