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Un centre de désintoxication clandestin inhumain démantelé en Russie

Agence France-Presse

Les autorités russes ont annoncé jeudi avoir démantelé un centre de désintoxication clandestin en Sibérie dans lequel les «patients», toxicomanes ou alcooliques, étaient retenus de force, menottés à leurs lits et sévèrement battus pour leur faire abandonner leur dépendance.

«Les activités illégales d'un centre de rééducation pour personnes souffrant d'alcoolisme et de toxicomanie ont été stoppées», a annoncé dans un communiqué le Comité d'enquête, organe chargé des principales affaires criminelles, précisant que l'intervention remonte à début juillet.

Une procédure pénale pour «privation illégale de liberté» a été ouverte, ajoute le Comité d'enquête. Selon les enquêteurs, le centre de désintoxication Otchag avait ouvert depuis 2017 deux antennes dans des villages de la région d'Omsk, en Sibérie.

Le directeur du centre, qui faisait la promotion active de son établissement dans la région, «n'avait pas de formation médicale» et les patients étaient enfermés dans les chambres, aux fenêtres munies de barreaux.

«Les patients étaient menottés à leur lit, des poids étaient attachés à leurs pieds. En cas de désobéissance, les patients étaient sévèrement battus. Ils n'avaient pas le droit d'appeler leur famille», poursuit le Comité d'enquête, ajoutant que le coût de la «cure» était de 15 000 à 20 000 roubles (entre 300 et 400 dollars).

Les enquêteurs citent le cas d'un homme de 25 ans, embarqué de force pour le centre de désintoxication après avoir été frappé et attaché avec du scotch.

Une vidéo du Comité d'enquête montre l'intervention des forces spéciales de la Garde nationale russe, au cours de laquelle des médicaments et des armes à feu ont été saisis. On y voit des dizaines de personnes, hommes et femmes réunis, dans des pièces surpeuplées.

Le principal suspect est accusé d'«enlèvement et séquestration en bande organisée» et a été placé en résidence surveillée.

Ce type de centres de désintoxication n'est pas rare en Russie, provoquant parfois des accidents dramatiques. En mars 2016, 12 personnes étaient mortes dans l'incendie d'un établissement, dont ils n'avaient pu s'échapper à cause des barreaux aux fenêtres. Un drame similaire s'était déjà produit en avril 2014 dans l'Altaï (Sibérie), faisant huit morts.

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