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Québecor dénonce un plan d’aide qui favorise La Presse

Philippe Orfali | Journal de Montréal

Photo d'archives, Agence QMI

Après la direction du quotidien Le Devoir, c’est au tour de Québecor de dénoncer le plan d’aide aux médias mis de l’avant par le gouvernement Trudeau.

Celui-ci fait preuve de «favoritisme flagrant» envers le quotidien La Presse, estime Québecor, qui publie notamment le Journal de Montréal, le Journal de Québec et le 24 heures.

Dans un rapport remis aux ministres du Patrimoine et des Finances et publié jeudi, un groupe d’expert demande à Ottawa de revoir à la hausse les crédits d’impôt sur la masse salariale pour lesquels seraient admissibles et ceux pour les citoyens qui s’abonnent à des publications numériques.

Il juge également qu’Ottawa doit revoir ses pratiques d’achat publicitaire pour consacrer jusqu’à 50 % de son budget aux médias de nouvelles écrites canadiennes.

Le panel enjoint également Ottawa de revoir les critères entourant la possibilité pour des «organismes journalistiques à but non lucratif» d'émettre des reçus d'impôts pour dons. Au Québec, seul La Presse serait actuellement admissible, et ce même si Le Devoir récolte des dons auprès de lecteurs et supporters.

«Ce rapport ne fait que confirmer ce que nous avons déjà affirmé. Les mesures d’aide du gouvernement fédéral ont été pensées dans le but d’avantager indûment, La Presse+», a déploré une porte-parole de Québecor dans un courriel.

«Ce favoritisme flagrant est plus qu’inquiétant. En plus de soulever de sérieuses interrogations sur la capacité des journalistes de demeurer indépendants et libérés de toute influence économique et politique, cette inquiétude est d’autant plus justifiée que La Presse a toujours soutenu le Parti libéral du Canada et ses différents chefs depuis les dernières décennies», a-t-elle poursuivi.

Jeudi, un porte-parole du ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez a cherché à se faire rassurant.

«Le panel nous demande d’avancer rapidement pour appuyer le journalisme. C’est ce qu’on va faire. Cette recommandation (d’inclure les fondations comme celle du Devoir) à plus long terme demande un nouveau projet de loi, alors on va prendre le temps de l’analyser», a indiqué Simon Ross.

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