/regional/sherbrooke/estrie

Une famille d'origine colombienne de Sherbrooke risque l'expulsion

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles

Une famille d'origine colombienne bien implantée à Sherbrooke risque d'être séparée le 4 août prochain en vertu d’une ordonnance de renvoi dans leur pays d’origine visant quatre d’entre eux.

Les quatre personnes visées sont Patricia, la mère de Leidi Marcella Gomez Cardona, une femme qui a fui la violence dans son pays d'origine en 2014 avec sa fille pour venir au Canada, ainsi qu’Estefania, la sœur de Mme Gomez Cardona, et ses deux enfants, Allison et Didier.

 

Patricia, Estefania et les deux enfants ont quitté la Colombie en 2017 également à cause de la violence dans ce pays, mais la Commission de l'immigration a rejeté leur demande d'asile et ordonné leur renvoi en Colombie le 4 août prochain.

«J'ai peur. Peur pour mes enfants et ma mère, c'est dangereux là-bas pour nous», craint Estefania Neil Cardona Grajales.

L'employeur d'Estefania ne comprend pas la décision de la commission.

«Estefania est toujours présente. Elle a fait de gros efforts pour apprendre le français et s'intégrer. Tout le monde ici l'apprécie. C'est quelqu'un sur qui on peut compter», soutient Andrée-Anne Fisette, copropriétaire de RoulottesEvasion.com.

Si ses deux enfants quittent le pays le 4 août comme prévu, ils devront abandonner leur cheminement dans le système scolaire québécois. Allison vient de terminer la maternelle et son frère Didier entamera sa troisième année.

 

La famille a mandaté un nouvel avocat qui a déposé jeudi une révision judiciaire à la Cour fédérale.

«La demande d'asile des quatre membres de la famille a été refusée sous prétexte qu'il n'y a plus de danger pour eux en raison d'un accord de paix en Colombie. Mais le danger reste très important quand même, avance l'avocat Stewart Istvanffy. On demande au ministre d'arrêter le renvoi le temps d'étudier le dossier.»

Pour leur part, Leidi Marcella Gomez Cardona et sa fille, qui ont d’abord obtenu le statut de réfugié après leur arrivée en 2014, sont maintenant résidentes permanentes du Canada.