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«Le Roi lion»: visuellement grandiose

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Même si la nouvelle version du «Roi lion» est inutile, le film permet à Jon Favreau et aux studios Disney de faire l'étalage de la perfection de leur nouvelle technologie de photo réalisme.

Ce n’est pas par hasard si «Le roi lion» a eu droit à ce traitement technologique, Disney n’ayant pris que des risques minimes avec sa franchise la plus populaire. En effet, entre le dessin animé aux revenus en salle de 968,5 millions $ US, la comédie musicale qui a engrangé plus de... huit milliards $ US et la pléthore d’autres produits (films télévisés, DVD, jeux vidéo), les studios savent que les fans seront au rendez-vous.

Les premières minutes de la nouvelle offrande sont à couper le souffle. Les images grandioses de la savane africaine et de ses animaux, entièrement générées par ordinateur, donnent une impression de réalisme qui confond. Troublé, on scrute attentivement l’écran à l’affût de la moindre erreur, de la moindre fausse note qui nous ramènerait à la réalité, comme cela avait été le cas pour «Le livre de la jungle». Les ratés sont si peu nombreux (le mouvement du cou des girafes est moins fluide qu’au naturel, les zèbres ont une course saccadée et l’eau possède une consistance quasi visqueuse) qu’on les oublie aisément.

Reprenant le scénario du classique animé de 1994 – après tout, pourquoi refaire ce qui fonctionne? –, Jon Favreau y ajoute 30 minutes, saupoudrées ça et là le plus discrètement possible, une erreur qui donne parfois à ce «remake» des allures de vitrine publicitaire pour ce nouveau genre de photo réalisme. Car il ne s’agit ni d’animation ni de captation de performances, mais d’un hybride. Et tant la nostalgie que la magnificence des effets l’emportent sur les défauts inhérents à toute nouvelle version.

Parfum d’enfance

Avec ce «Roi lion», Jon Favreau a découvert un autre filon que le technologique: celui de restituer une version adulte d’un souvenir d’enfance.

Mufasa (voix James Earl Jones en version originale), Simba (voix de Danny Glover), Scar (voix de Chiwetel Ejiofor), Pumbaa (voix de Seth Rogen), Nala (voix de Beyoncé Knowles-Carter) et Zazu (voix de John Oliver) sont incontestablement fidèles à ce dont nous nous souvenons, les acteurs ayant été choisis avec le plus grand soin. Les messages spirituels et philosophiques – cercle de la vie, écologie, interdépendance, lien filial – sont là, rendus avec une poésie évidente par le réalisateur, tout aussi inspiré par son sujet que pour «Le livre de la jungle».

Le rendu des animaux est, il n’y a pas d’autre mot, hallucinant. Sous nos yeux ébahis, les personnages d’il y a 24 ans se font graves, sérieux, drôles, et leurs regards, pourtant numériques, expriment toute la gamme des émotions humaines, de l’amour à la frayeur en passant par l’émerveillement.

Ne nous y trompons pas, ce «Roi lion» est une révolution technologique d’importance, au même titre que «Le seigneur des anneaux» l’avait été pour la captation de performances et qu’«Avatar» pour la 3D. Depuis bientôt huit ans, Favreau et Disney ne cessent de reporter «Magic Kingdom», long métrage inspiré du parc d’attractions. Il se pourrait que cette toute nouvelle technologie permette enfin au cinéaste de s’y mettre.

Note: 4 sur 5

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