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Soirée Carte Blanche: Julien et Adib, on en redemande!

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

 - Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Julien Lacroix et Adib Alkhalidey ont volé leur propre «show» aux commandes de leur première Soirée Carte Blanche au festival Juste pour rire, vendredi.

Les deux humoristes ont frappé fort dès le début avec un numéro d’ouverture franchement désopilant, qui leur a valu une chaleureuse ovation debout spontanée du parterre de la Salle Wilfrid-Pelletier.

Alkhalidey, en «straight man» désireux d’offrir un contenu engagé, et Lacroix, avec ses propos sans queue ni tête, ont eu une discussion surréaliste, au cours de laquelle le premier rappelait à l’ordre le second, qui énonçait une énormité après l’autre.

«Mon premier mot, à cinq ans, c’était "social", a argué Lacroix pour se défendre. J’avais faim, j’essayais de dire "saucisse"...!»

«Personne te demande de devenir Guy Nantel!» a riposté son camarade. «J’espère, je tiens à ma vie sexuelle!» a répliqué le nigaud du tandem.

«Plus tu parles, plus j’ai l’impression que ta mère a jeté le bébé et élevé le placenta», a ensuite décrété un Adib excédé.

Absurde

La ligne directrice absurde du gala, implantée au départ par le duo de zigotos à la barre, a été maintenue par plusieurs invités de cette Carte Blanche par la suite, lesquels se sont avérés de haut calibre.

Le premier convive, le Français Jason Brokerss, a jasé de son arrivée à Montréal, de la légalisation du cannabis et de son rapport avec la drogue.

Son tour venu, juste après, Yannick De Martino a débité mot pour mot le début du monologue de celui qui l’avait précédé au micro. Quelle idée efficace. Les deux maîtres de cérémonie ont fait irruption sur scène pour l’interrompre et De Martino, jouant à la perfection son personnage d’intello un peu perdu, est reparti sans demander son reste.

Il allait revenir un peu plus tard foutre le trouble dans le solo (une première en 15 ans!) d’un Louis Morissette accueilli avec effusion. De Martino a témoigné de son désir de reprendre la formule des «Morissette» pour son premier «one man show».

«Même Mozart a accepté qu’on reprenne ses plus gros "hits"!» a plaidé le comique à son producteur.

En forme comme on l’a rarement vu, Martin Perizzolo a commencé par détailler ses complexes corporels, avant d’établir un parallèle inspiré entre le racisme et l’herpès, avec éloquence.

Louis-José Houde a-t-il attrapé à nouveau la piqûre des galas Juste pour rire, après sept ans d’absence au festival? Après un arrêt au spectacle d’Anne-Élisabeth Bossé, jeudi, l’animateur attitré du Gala de l’ADISQ a remis ça vendredi, en sautillant du coq à l’âne dans son laïus: peur de la mort, péripéties en ski et en parachute, éternuements sous l’eau, etc. La foule était évidemment hilare.

Elle le fut également devant l’analyse délirante de Maude Landry des angoisses générées par l’hiver, elle qui croit que tout le monde «se tape une mini dépression à la mi-décembre, camouflée par le temps des Fêtes», et que la Saint-Valentin, avec son abondance de chocolat, est «l’Halloween des pauvres». Son plaidoyer contre les menstruations était également très judicieux.

Les Soirées Carte Blanche de Juste pour rire se poursuivent avec un dernier rendez-vous, avec Jay Du Temple, samedi.