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«Le moral des agriculteurs a déjà été plus haut»

TVA Nouvelles et Agence QMI 

Alors que les festivités entourant l’exposition agricole de Saint-Hyacinthe battent leur plein, les producteurs québécois acceptent toujours mal les concessions faites par le gouvernement fédéral lors des négociations des récents accords de libre-échange.

«L’ambiance est bonne. Lorsque l’on vient à l’exposition, c’est un événement festif, a dit Richard Lagacé, président de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe, en entrevue à TVA Nouvelles. Mais je dirais que le moral en général des agriculteurs a déjà été plus haut.»

Globalement, les agriculteurs, et tout particulièrement les producteurs laitiers, digèrent toujours mal les brèches creusées dans le système de gestion de l'offre lors de la signature des accords de libre-échange avec les pays du Pacifique, avec l'Europe et avec les États-Unis et le Mexique.

Selon M. Lagacé, les agriculteurs «commencent à en avoir assez» de voir le fédéral ouvrir peu à peu les marchés sous gestion de l'offre au commerce international. «Ils ont hâte de passer le flambeau à quelqu'un d'autre pour ce qui est de servir de monnaie d'échange», a-t-il plaidé.

Par ailleurs, les agriculteurs risquent de devoir attendre jusqu’aux élections fédérales d’octobre prochain avant de pouvoir toucher les compensations promises par Ottawa, à la suite de l'ouverture d'une partie du marché laitier aux producteurs américains.

En prime, les agriculteurs se sont retrouvés, bien malgré eux, au cœur du litige diplomatique entre la Chine et le Canada, suite à l'arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des États-Unis en décembre dernier.

Depuis, la Chine a bloqué ses importations de canola, de porc et de bœuf. Le gouvernement du Canada n’a pas l’intention, pour l’instant, d’indemniser les producteurs de porc et de bœuf qui font les frais de cet embargo, officiellement décrété par la Chine en raison de lacunes dans le processus de certification des produits canadiens.

«Environ 2,6 % de la production bovine canadienne en 2018 était exportée en Chine. De par son volume, ça ne devrait pas nécessairement impacter la production au Québec», a expliqué Laurie Noiseux, porte-parole des producteurs de bovins du Québec.

Cette situation inquiète les producteurs, mais certains croient les choses rentreront dans l'ordre.

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