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Un pédophile a tenté d’acheter les services d’une fille de 12 ans

Valérie Gonthier | Journal de Montréal

MICHEL FRADETTE PÉDOPHILE

COURTOISIE POLICE DE LAVAL

Un pédophile récidiviste a cru qu’il risquait de tomber dans un piège de la police en requérant les services sexuels d’une fille de 12 ans sur internet, mais il a malgré tout poursuivi sa demande.

« C’est pas une pogne de la police, là ?» s’est enquis Michel Fradette en répondant à une petite annonce de services d’escortes en mars dernier.

Le pédophile l’ignorait encore, mais il communiquait bel et bien avec un agent d’infiltration de la police de Laval.

L’homme de 40 ans a plaidé coupable mardi d’avoir tenté d’obtenir les services sexuels d’une personne de moins de 18 ans.

Il s’est fait prendre dans le cadre d’un projet d’enquête baptisé opération Défensif, qui visait à attraper des hommes qui sollicitaient une clientèle mineure contre rémunération.

Lorsqu’il a répondu à la fausse annonce le 21 mars, Fradette a d’entrée de jeu exposé ses préférences en demandant spécifiquement une jeune fille.

« [...] si tu en as une très jeune $$$$, fait moi signe -12 [ans] », a-t-il écrit par message texte.

« Tu cherches quoi ? Parce que j’ai une fille de 16 [ans] qui a l’air jeune et peut jouer la très jeune », a répondu le policier incognito.

C’est à ce moment que Fradette a demandé si c’était une « pogne » et a même exigé une photo de la carte d’identité de la fille. L’agent lui a répondu que ce n’était pas prudent, lui donnant néanmoins le tarif pour sa demande.

Rassuré...

« Pas de pogne. On work », a assuré le supposé proxénète.

Semblant être rassuré, Michel Fradette a demandé une séance pour la semaine suivante, « avec la plus petite et jeune ». Le faux pimp lui a dit que c’était ce même jour que ça devait se passer.

« Ok, je te [texte la] semaine pro[chaine] si t’es à Montréal ou alentour ça me... Si t’as une plus jeune à ce moment-là [texte-moi] j’ai même [quelqu’un] à 500 $ pour une primaire... », a répondu le pédophile.

Rapidement les policiers de Laval ont tout fait pour retracer le numéro de cellulaire, identifier son propriétaire puis l’arrêter, a expliqué Me Karine Dalphond de la Couronne, en cour, mardi.

Pas le droit au web

Fradette a aussi plaidé coupable à des accusations de possession de pornographie juvénile – il possédait 8886 images et 17 vidéos – et d’avoir eu un accès non surveillé à internet, alors que cela lui était interdit.

Au moment de son arrestation, il venait à peine de sortir du pénitencier et était sous surveillance de longue durée puisqu’on lui a attribué l’étiquette de délinquant à contrôler.

En 2007, il avait écopé de 10 ans d’emprisonnement notamment pour s’être introduit par la fenêtre d’un appartement au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avant d’enlever et d’agresser une fillette de 9 ans. Il avait aussi fait cinq autres jeunes victimes.

Me Dalphond a demandé à ce qu’il soit maintenant déclaré délinquant dangereux.

Les parties reviennent le mois prochain pour plaider concernant la requête de la Couronne

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