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Une cliente tombe dans la trappe ouverte d’un bar

Jonathan Tremblay | Le Journal de Montréal

Une femme ayant subi d’importantes blessures en chutant dans une trappe béante menant au sous-sol d’un bar de Laval recevra 13 500 $ en dédommagement.

« Sans vouloir faire un jeu de mots, la trappe était grande ouverte... », a écrit le juge Jean-Pierre Archambault dans son récent jugement de la cour des petites créances à propos du « piège » dans lequel est tombée la dame.

Le 11 octobre 2014, Guylaine Belzil a fait une chute d’une douzaine de pieds en allant chercher son veston avant de quitter le resto-bar Le Coloc.

Elle a mis le pied dans un trou béant en ouvrant la porte du vestiaire et a atterri dans un sous-sol commun reliant ce bar à la boîte de nuit Rose-Ange.

La fidèle cliente de l’établissement s’était pourtant rendue dans cette pièce plus tôt dans la soirée sans le moindre problème.

Or, le propriétaire du bar insistait pour que le veston de Mme Belzil soit accroché au vestiaire, lit-on dans le document judiciaire déposé au palais de justice de Laval.

La dame de 51 ans devait donc aller le récupérer à cet endroit chaque fois qu’elle allait fumer une cigarette à l’extérieur.

Entre-temps, un employé aurait cependant omis de remettre en place la trappe du plancher qui s’ouvre pour donner accès à l’étage inférieur.

Elle perd connaissance

« Je n’avais aucune idée de l’existence de cette trappe, car chaque fois que je suis allée, elle était fermée. J’ai immédiatement perdu connaissance », avait dit Guylaine Belzil dans sa déclaration aux assureurs.

Elle a subi de multiples blessures lors de sa chute, dont d’importants hématomes au bras droit, aux mains et à la poitrine.

Mme Belzil a été hospitalisée quelques jours à l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, où on l’a traitée pour une commotion cérébrale.

Mme Belzil vit encore aujourd’hui avec des douleurs persistantes au fessier, une cicatrice de cinq centimètres au thorax, un kyste et des maux de tête. À cela s’ajoutent entre autres des troubles de mémoire et anxieux.

La dame réclamait initialement 15 000 $ aux propriétaires des deux établissements licenciés, pour le stress, les troubles, les inconvénients et la perte de jouissance de la vie que l’accident continue de lui occasionner.

Tous Fautifs

Il s’agit de la somme maximale qui peut être réclamée à la cour des petites créances du Québec.

Les défendeurs ont rejeté la faute l’un sur l’autre et ont nié être responsables des blessures de Mme Belzil.

Le tribunal les a toutefois trouvés tous deux fautifs. Il a déterminé que le plancher constituait un piège, car rien n’avertissait la clientèle qu’il pouvait être manquant.

Le juge Archambault a finalement octroyé à Guylaine Belzil un dédommagement de 13 500 $. Elle et la nouvelle administration du bar Le Coloc ont préféré ne pas commenter la décision. La discothèque Rose-Ange n’a pas rendu les appels du Journal.

– Avec la collaboration de Valérie Gonthier et Stéphan Dussault