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Affaire Turcotte: la SQ en deuil d’un policier

Marie-Christine Bergeron et Yves Poirier | TVA Nouvelles

La Sûreté du Québec (SQ) est en deuil à la suite de la mort du policier Patrick Bigras, qui avait été le premier agent confronté à la scène de crime à glacer le sang chez Guy Turcotte.

M. Bigras, 45 ans, s'est enlevé la vie vendredi dernier. Selon nos informations, il a laissé une lettre dans laquelle il s'excuse pour la peine que son geste va infliger à ses proches.

Patrick Bigras était aux prises avec un mal de vivre depuis qu'il était intervenu à la maison de Guy Turcotte, cet ex-cardiologue reconnu coupable du meurtre non prémédité de ses deux enfants.

Certains collègues de l’agent Bigras sont très ébranlés de son décès, nous disent des sources policières.

En guise de respect et de solidarité, des agents de la SQ ont changé leur photo de profil sur Facebook pour la remplacer par l'image du ruban noir, qui signifie le deuil, et sur laquelle est inscrit le numéro de matricule du policier Patrick Bigras, «13049».

Arrêt de travail

Selon nos informations, le policier avait été mis en arrêt de travail quelques mois après son intervention dans la résidence de Guy Turcotte, à Piedmont, en février 2009. Il avait repris le boulot par la suite, mais encore récemment, il était en arrêt de travail pour des raisons personnelles, selon plusieurs sources.

L'agent Bigras n'avait pas pu s'empêcher de traiter l'accusé «d'imbécile» lorsqu'il l'a placé en état d'arrestation.

«Je lui ai dit "tu es un imbécile", et il a répondu "oui, je le sais"», avait expliqué au tribunal, en septembre 2015, le policier dans le cadre du procès de l'ex-cardiologue pour les meurtres de ses enfants.

Comme toutes les portes et fenêtres étaient fermées, le policier n'a pas eu d'autre choix que de briser une fenêtre pour inspecter les lieux avec son partenaire.

«Bouleversant, très bouleversant»

Une fois à l'intérieur, il a crié: «Police, police, on est là pour vous aider», mais personne n'a répondu. Il est alors monté à l'étage et c'est là qu'il a découvert les cadavres d'Anne-Sophie et Olivier, 3 et 5 ans, tués de 46 coups de couteau.

«Les corps étaient pâles, froids et rigides, le garçon avait les yeux semi-ouverts, a sobrement expliqué le policier. C'est bouleversant, très bouleversant.»

En inspectant les lieux, le policier a finalement trouvé Turcotte caché sous le lit de la chambre des maîtres.

«Il était semi-conscient, il ne semblait pas tout être là», avait expliqué le policier tout en ajoutant que Turcotte n'avait pas résisté à son arrestation.

De l'aide

Quand la communauté des policiers est frappée par de tels drames, elle doit savoir que de l'aide existe, a insisté pour dire Pierre Veilleux de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec.

M. Veilleux rappelle que cela a des répercussions sur l'organisation, et tout particulièrement auprès des proches policiers du poste concerné.

«Vous savez, c'est une petite famille. Les gens travaillent dans des unités, ils sont 20-25, 30-40, ils se connaissent tous, et lorsqu'il y en a un qui part de cette façon-là, ça a des répercussions sur tous ceux qui le côtoient», a-t-il expliqué.

Si vous avez besoin d’aide pour vous ou un de vos proches, n’hésitez pas à contactez le 1-866-APPELLE (1 866 277 3553).

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