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Une saison des vacances difficile pour les infirmières

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec 

La saison des vacances est encore une fois difficile pour les infirmières des différents établissements de santé de la grande région de Québec. Leur syndicat déplore le manque de préparation pour ces semaines compliquées.

La section Capitale-Nationale de la Fédération des infirmières du Québec (FIQ) se dit inquiète. Les deux derniers étés ont été difficiles et la situation l’est encore cette année.

«On a vu dernièrement, en dehors des périodes de vacances, des cadres devoir entrer faire des heures la fin de semaine pour pallier le manque d’employés. On se demande donc à quoi ça va ressembler [pendant] les vacances», se questionne la présidente de la section locale, Patricia Lajoie, qui redoute encore des heures supplémentaires obligatoires.

La FIQ s’inquiète notamment du peu de préparation pour affronter l’été 2019.

«On a déjà fait la demande par le passé de s’asseoir ensemble pour regarder ce qui pouvait être fait, par exemple en modifiant les horaires dans les périodes critiques, mais on n’a jamais vraiment eu de suite pour organiser ces rencontres-là», affirme la présidente.

Collaboration

Pourtant, la direction du CIUSSS Capitale-Nationale se dit prête à collaborer. Certaines mesures ont notamment été mises en place, selon une porte-parole de l’organisme.

«On réorganise des temps de travail, il y a des octrois d’heures supplémentaires à l’avance aux volontaires, et il y a eu un appel d’intérêt à des professionnels d’autres directions», indique Mélanie Otis, admettant que la pénurie est toujours bien réelle.

De son côté, la direction du CHU de Québec affirme que la situation ne devrait pas être si critique.

Les remplacements seraient même plus faciles à pourvoir en période estivale, estime-t-on, en raison notamment du retour au travail d’étudiants.

Sur la Rive-Sud, les inquiétudes du syndicat sont semblables, alors que le personnel est déjà «brûlé».

«Il y a plusieurs endroits où ça pourrait péter», avise Laurier Ouellet, président du syndicat.

Mesures diverses

La direction du CISSS Chaudière-Appalaches affirme avoir mis en place diverses mesures pour amenuiser les effets des vacances, mais le contexte de pénurie est difficile à complètement ignorer.

«C’est sûr qu’on manque de personnel et que nos besoins ne sont pas comblés à 100 % comme dans les autres régions, mais on a fait beaucoup pour atténuer les effets négatifs», explique Joannie Gagné, responsable des services de remplacement au CISSS.

Elle cite notamment en exemple l’élaboration d’horaires sur trois mois et des rencontres hebdomadaires de suivi avec les coordonnateurs de départements.

Le syndicat, conscient de ces efforts, demeure malgré tout sur ses gardes face à ces accommodements.

«On réussit à s’asseoir avec l’employeur, mais la machine est tellement grosse que ça n’a pas l’air de se rendre en bas. Et après, il n’y a personne d’imputable», lance M. Ouellet.