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Le projet de règlement sur les comestibles est «catastrophique», selon l’industrie du cannabis

Pot Brownies

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L’industrie du cannabis est consternée par le projet de règlement sur les produits comestibles du gouvernement caquiste qui interdira tout dessert incluant le chocolat et qui poussera davantage les consommateurs vers le marché noir, croient des experts.

«Le crime organisé se frotte les mains et salive!», a réagi Michel Timpério, président de l’Association québécoise de l’industrie du cannabis (AQIC) et président de la division Cannabis de Neptune Solutions Bien-Être.

«Ce règlement est catastrophique pour l’industrie et pour l’objectif d’éradiquer le crime organisé», poursuit-il.

Comme le souligne Maxime Guérin, avocat pour SGF, une firme de consultation pour les entrepreneurs de l'industrie du cannabis, les produits sous forme de friandises existent déjà. «Sur le marché "noir", et surtout depuis la légalisation, ces produits ont gagné énormément en popularité», dit-il.

«Il me semble être de la poudre aux yeux que de justifier de pareilles restrictions sur le dos de «la protection de nos jeunes» alors qu’on a rehaussé déjà sans appui vraiment scientifique ou sérieux l’âge de consommation à 21 ans», ajoute-t-il.

Jean-Sebastien Fallu, professeur en prévention de la toxicomanie à l’Université de Montréal qui a rédigé un rapport sur les comestibles pour le compte du producteur HEXO, croit également que les consommateurs continueront de s’approvisionner par la poste.

Depuis quelques années déjà, il est effectivement très facile d’acheter des produits comestibles illégaux sur le web livré par la poste.

«Encore du paternalisme et de l’incohérence», croit M. Fallu au sujet du règlement caquiste.

Coup dur pour l’industrie

HEXO et Canopy Growth deux importants fournisseurs de la Société québécoise du Cannabis (SQDC) ont refusé de commenter.

Selon nos informations, plusieurs producteurs ont été consternés de constater la rigidité du projet de règlement.

«Ils vont vendre quoi, des cretons?!», a réagi sa part pour le cultivateur de cannabis José Dominguez.

«Il faut comprendre que de belles entreprises d’ici sont en train d’investir massivement dans la production de ces produits, en se basant principalement sur la législation fédérale telle qu’annoncée, explique Me Guérin. Par conséquent, il y a fort à parier que l’on va se priver au Québec de produits faits... au Québec qui n’auront d’autre choix que d’être vendus ailleurs au Canada.»

Il y a à peine quelques semaines, le producteur ontarien Canopy Growth annonçait d’ailleurs qu’il allait pouvoir produire jusqu’à 850 000 chocolats au cannabis par mois.

Canopy et HEXO travaillent également sur des boissons non alcoolisées à base de cannabis. Le porte-parole de la SQDC Fabrice Giguère confirme que la Société pourra vendre des breuvages contenant du THC, mais qu’elle doit encore évaluer quels produits «solides» pourront être offerts. «Il est clair que dans cette catégorie l’offre sera limitée», prévient-il.

Il rappelle que le règlement n’est pas encore adopté et qu’il pourrait être modifié. L’industrie espère être consultée d’ici là, ce qui n’a toujours pas été fait, déplore M. Temperio.

Le Conseil québécois du cannabis comestible (CQCC) qui se dit «perplexe» face à ce règlement demande également à être consulté afin de permettre un «encadrement logique et cohérent de la réglementation».

«À l’heure actuelle, c’est le développement d’entreprises québécoises soucieuses de fournir des produits de qualité, sécuritaires et contrôlés, qui est à risque», ont-ils déclaré.

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