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«Valérie» se refait une beauté pour ses 50 ans

Cédric Bélanger | Journal de Québec

Le Festival de cinéma de la ville de Québec va célébrer les cinquante ans d’un de nos premiers « films de fesses » : il présentera la version restaurée par Éléphant de Valérie en présence de celle qui avait osé se dénuder au grand écran, Danielle Ouimet, a appris en primeur Le Journal de Québec.

La projection de Valérie au FCVQ, au mois de septembre (la date et le lieu ne sont pas encore connus), marquera le lancement officiel de la bobine remise à neuf par Éléphant : mémoire du cinéma québécois.

Pourquoi célébrer Valérie ? « Parce que c’est un film important de notre patrimoine », justifie le directeur général du FCVQ, Ian Gailer.

« Un film charnière », renchérit le directeur général de la Cinémathèque québécoise, Marcel Jean.

Un succès colossal

Réalisé par Denis Héroux, qui tournera par la suite L’initiation et L’amour humain dans cette même vague de films coquins, Valérie a été le premier long métrage à « déshabiller la p’tite Québécoise », comme le disait son créateur.

Sorti en pleine révolution des mœurs sexuelles et au moment où les Québécois commençaient à se libérer du joug de l’Église, Valérie avait été un succès colossal: plus de 800 000 personnes l’avaient vu au cinéma.

« Si on ramène ça à aujourd’hui, à un prix moyen de 12 $ le billet, c’est presque 10 millions de dollars. C’est de l’ordre de Bon Cop, Bad Cop et De père en flic », observe Marcel Jean.

Les valeurs traditionnelles

Or, Valérie a d’abord été et avant tout été un phénomène sociologique.

Ian Gailer, du FCVQ : « Ça révèle beaucoup des années 1970, la liberté et la contestation. Ce film a marqué tout le monde, tant les plus jeunes qui ne l’ont pas vu que les plus vieux qui en parlent encore. »

Certes, Valérie a été un doigt d’honneur senti à la religion, d’autant que le premier geste de son personnage vedette est de s’enfuir du couvent avec son chum motard. Mais il ne tournait pas complètement le dos aux valeurs traditionnelles, fait remarquer Marcel Jean.

« Valérie va devenir escorte et il va se passer toutes sortes de choses pour elle. Mais les valeurs religieuses sont toujours là et elle sera sauvée par l’amour et la maternité quand elle va tomber amoureuse d’un veuf qui élève son fils. À la fin, elle va former une cellule familiale. »

Le Festival de cinéma de la ville de Québec sera présenté du 12 au 21 septembre. Sa programmation complète sera dévoilée au cours du mois d’août.