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La fiabilité des balises mise en doute

Pascal Dugas Bourdon | Journal de Montréal

Le frère du président de Savoura, Daniel Roy, met en doute la fiabilité des balises ELT, qui doivent normalement informer les autorités de l’emplacement des appareils qui s’écrasent.    

«Il y a des lois, des règlements qui devront changer si les équipements de repérage ne sont pas adéquats pour les hélicoptères», a-t-il indiqué aux médias, jeudi.   

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«C’est impensable qu’en 2019 on ne soit pas capables de retrouver des gens qui soient en danger à bord d’un hélicoptère», a-t-il ajouté.   

Le président d’Air Saguenay, Jean Tremblay, remet également en doute la fiabilité des balises. La compagnie a connu trois écrasements mortels d’hydravion depuis neuf ans. Tous étaient équipés d’un émetteur et pourtant, jamais un signal de détresse ne s’est déclenché.   

«Ça soulève des questions. Des fois, les balises se déclenchaient sans aucune raison, et quand c’est le temps qu’elles se déclenchent lors d’un impact, on ne comprend pas que ça ne fonctionne pas, jamais», a-t-il dit, tout en reconnaissant que les trois écrasements ont malheureusement été très violents chaque fois.   

«Très fiable»  

Toutefois, pour le pilote en chef de Passport Hélico Patrick Lafleur, la balise de localisation est une «technologie très fiable», mais «pas infaillible»   

«Ce que j’ai hâte de savoir, c’est si la balise était bien installée à bord, parce que ce n’est pas impossible qu’elle ait été retirée pour de l’entretien», a-t-il indiqué au Journal.   

Même son de cloche du côté de l’expert en aviation Jean Lapointe, qui ne remet pas en question la fiabilité de la technologie.   

«C’est de l’équipement qui fonctionne très bien. Mais la balise doit être inspectée toutes les années», a-t-il commenté.   

Piles à vérifier

Différentes raisons peuvent expliquer qu’une balise n’ait pas fonctionné. D’une part, même si la balise est conçue pour résister à des chocs violents, l’antenne reliée à celle-ci peut avoir été arrachée ou endommagée.

De plus, des piles à l’intérieur de la balise doivent être vérifiées annuellement.

Jean-François Ostiguy, chef instructeur de l’école de pilotage Hélicraft, explique que lorsqu’elle fonctionne, la balise envoie un signal radio et informations satellites. Parmi les informations transmises se trouvent l’immatriculation et la couleur de l’appareil, de même que le nom du propriétaire.

Des appareils de repérage plus avancés sont également disponibles sur le marché, mais ne sont pas obligatoires.

 

Manœuvre  

Par ailleurs, M. Lafleur soupçonne que M. Roy a tenté de se poser à très basse vitesse, parce qu’il ne semblait pas y avoir de «trajectoire imprégnée dans la forêt».   

«C’est un élément qui nous permet de croire que le pilote a réussi à ralentir l’hélicoptère avant l’impact», probablement grâce à une «manœuvre d’autorotation».   

Ce freinage de l’appareil en vol peut même se faire sans moteur, a précisé M. Lafleur.    

D’ailleurs, l'expert croit qu’un bris mécanique, tel qu’une panne de moteur, sera une des hypothèses étudiées par les enquêteurs du Bureau de la Sécurité dans les Transports pour expliquer l’écrasement.   

–Avec la collaboration de Dominique Lelièvre

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