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Un camping doit fermer ses piscines après un décès

Caroline Lepage | Journal de Montréal

Le propriétaire du camping D.S.A., Mario Morin, dans l’une des deux piscines avant la fermeture obligée par la Régie du logement.

collaboration spéciale, Caroline Lepage

Le propriétaire du camping D.S.A., Mario Morin, dans l’une des deux piscines avant la fermeture obligée par la Régie du logement.

Le propriétaire du camping dans lequel une femme a été retrouvée dans l’eau sans vie dimanche a été contraint de fermer ses piscines parce qu’il ne respectait pas les normes de sécurité imposées par la loi.

Le corps de Ginette Boutin a été retrouvé le matin du 21 juillet flottant dans l’une des deux piscines du camping naturiste D.S.A., à Saint-Cyrille-de-Wendover, près de Drummondville au Centre-du-Québec.

Un inspecteur de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) s’est rendu au camping le lendemain du décès de la dame de 69 ans, survenu alors qu’elle se baignait seule.

Mesure rare

Une seule personne était responsable de surveiller les lieux quand le drame s’est produit. La RBQ a conclu qu’il manquait deux personnes formées en soins aquatiques d’urgence sur les lieux lorsque l’incident est arrivé.

«On a émis un avis de correction. Les piscines sont fermées et on attend que l’exploitant ait [deux autres sauveteurs] sur les lieux avant d’autoriser la réouverture», explique Sébastien Downs de la RBQ, qui ajoute qu’il s’agit d’une mesure utilisée très rarement.

La loi stipule que dans les campings et les hôtels, le nombre d’intervenants formés exigés sur place est déterminé en fonction de la grandeur des piscines et du nombre de baigneurs, notamment.

Hier, le camping avait trouvé une seconde personne ayant la formation adéquate, ce qui a permis l’ouverture d’une des deux piscines.

Rapidement secourue

Selon le propriétaire du camping D.S.A., Mario Morin, un homme qui détenait la formation en soins aquatiques d’urgence s’affairait au bar, près de la piscine, pendant que la dame de Saint-Odilon se baignait. Quand il a vu son corps flotter, il est immédiatement allé lui porter secours.

Il était assisté de trois campeurs qui ont aussi tenté, en vain, les manœuvres de réanimation, notamment avec un défibrillateur cardiaque, jusqu’à l’arrivée des policiers et ambulanciers.

«Est-ce que ce drame-là aurait pu être évité? C’est la grande question que le coroner va se poser», indique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage.

Malaise pulmonaire

Selon le coroner Yvon Garneau, le rapport d’autopsie laisse croire que la victime a éprouvé un malaise pulmonaire, suivi d’un affaissement dans l’eau peu profonde. Elle serait subitement décédée.

Si la noyade s’avère, il s’agirait de la 37e depuis le début de l’année comparativement à 35 à pareille date en 2018.

«Je ne peux dire pour le moment si je suis devant une cause de mort naturelle ou accidentelle. Je devrai attendre les expertises toxicologiques avant de me prononcer», déclare-t-il.

Mario Morin plaide que le manque de surveillance n’est pas en cause dans ce décès.

«Il n’y a eu aucune négligence. On n’aurait pas pu faire mieux. La dame aurait pu faire ça dans son auto», fait-il valoir.

M. Hawkins insiste pour rappeler que, peu importe le type d’installations, il ne faut jamais se baigner seul.