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Deux hommes se battent contre un ours et le font fuir

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

Gracieuseté

Deux hommes attaqués par un ours dans une forêt du Nord-du-Québec samedi ont réussi à faire fuir la bête agressive en hurlant le plus fort possible.

Marco Leclerc et Éric Bédard allaient vérifier une possible anomalie dans une forêt située au nord de la localité de Villebois, à 115 km de Rouyn-Noranda. La chienne Roxy, qui les accompagnait, est soudainement partie à la course. Ils l’ont entendue japper, puis ils l’ont rappelée vers eux.

« Elle est revenue, mais avec l’ours qui courait en arrière. On a vu la grosse boule noire remonter la côte et courir après le chien », raconte M. Bédard, 39 ans.

M. Leclerc n’a pas trop réfléchi quand l’animal de compagnie pourchassé est arrivé à sa hauteur. Il a donné un coup de pelle en métal à l’ours, au niveau du cou.

La bête a alors changé de cible et l’a chargé. Il s’est hissé sur deux pattes et s’est retrouvé collé sur lui, selon son récit.

« J’étais face à lui. À six pouces de sa face », dit l’homme de 28 ans.

Il estime que debout, l’ours était presque de la même taille que lui, qui fait 5 pi et 5 po (1,68 m). Il a tenté de le repousser, mais il s’est agrippé et lui a éraflé le bras droit, coupant son chandail avec ses griffes.

Crier le plus fort

Il s’est ensuite remis à charger le chien, puis a foncé sur M. Bédard. Pas question pour lui de faire le mort.

« Je me suis dit que la seule chose qu’il me restait à faire, c’était de lui faire peur avant qu’il me saute dessus. J’ai commencé à crier le plus fort que je pouvais, avec les deux bras dans les airs. Il s’est arrêté et s’est viré de bord », raconte-t-il.

Les deux hommes de Macamic, en Abitibi-Témiscamingue, et la chienne ont ensuite rebroussé chemin d’un pas rapide.

« On n’a même pas regardé où on s’en allait, alors on a fait un gros détour pour retourner au camion », relate en riant M. Bédard.

Ce dernier songe maintenant à obtenir un permis de port d’armes pour être mieux préparé en cas d’attaque.

« Admettons que l’ours n’aurait pas arrêté, il aurait fallu que je fasse de quoi », indique-t-il.

Bon réflexe

Les deux hommes ont eu le bon réflexe, selon le chroniqueur pour le magazine Aventure Chasse Pêche, Michel Therrien. Les ours ont peur des humains et préféreront généralement éviter la confrontation.

Leur parler et reculer doucement peut désamorcer la situation, sinon se montrer intimidant peut faire le travail. Il ne faut pas perdre de vue que l’ours n’est pas un prédateur de l’humain, selon lui.

« Les populations sont telles que si c’était vraiment un animal qui se cache derrière des arbres pour attaquer des humains, il y aurait des décès toutes les semaines, et ce n’est pas le cas », illustre-t-il.