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Un incendie, deux inondations et... une tornade pour un couple malchanceux

Pierre-Paul Biron | Journal de Québec 

Le couple Ménard-Labelle, qui a vécu plusieurs épreuves, a cette fois échappé au sort.

Pierre-Paul Biron

Le couple Ménard-Labelle, qui a vécu plusieurs épreuves, a cette fois échappé au sort.

Le mauvais sort s’acharne sur un couple de la Rive-Nord de Montréal, qui a vu ses vacances de camping être écourtées par la tornade qui a frappé la Mauricie mardi, deux ans après que sa maison ait été incendiée, et quelques mois seulement après avoir été inondé pour la deuxième fois à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Alain Labelle commence à en avoir soupé des catastrophes naturelles. Un mois après qu’un incendie ait ravagé sa maison, en 2017, il a été frappé par les premières inondations de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Encore ce printemps, sept pieds d’eau sont entrés dans le sous-sol de sa résidence lors des inondations qui ont marqué le Québec en entier.

«Après tout ce qui était arrivé, j’avais dit en blague à ma blonde : “qu’est-ce qui pourrait m’arriver de plus? Je vais-tu me faire frapper par la foudre?” Finalement, c’était une tornade», plaisante Alain Labelle, cette fois-ci chanceux dans sa malchance puisque sa roulotte était à une trentaine de pieds seulement de la ligne de mire.

Roulotte envolée

L’homme et sa conjointe Nathalie Ménard étaient en train de manger, vers 19 h 45, lorsque la tornade, qu’Environnement Canada a confirmée de force 1, a littéralement fait voler une roulotte voisine. Le véhicule est monté à environ 20 pieds et a été projeté sur une autre roulotte, de l’autre côté de la rue. Une scène apocalyptique à Lac-aux-Sables, petit village de 1300 âmes à cheval entre la Mauricie et Portneuf.

«Tu penses que tu hallucines quand tu vois ça. Ça ne se peut pas, c’est incroyable. Mais quand j’ai vu qu’elle était retombée en face, j’ai couru pour voir s’il y avait des gens dedans, j’ai crié, mais tout le monde était heureusement dehors», raconte encore sous le choc M. Labelle, disant que les propriétaires de la roulotte avaient un bon ange gardien. «C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts.»

Des observateurs envoyés hier par Environnement Canada pour déterminer la force de la tornade ont indiqué au Journal que les vents ont pu atteindre entre 150 et 175 km/h.

Miraculés

La propriétaire de la roulotte qui s’est envolée était elle aussi sous le choc. Errant à travers les nombreux débris à la recherche de quelques effets personnels encore en état, Lyne Salvas s’estimait chanceuse.

«Quand le vent s’est levé, je suis allée porter quelques affaires, et quand j’ai mis le pied dehors, la roulotte a levé. Quelques secondes de plus et je partais avec», racontait la dame qui «remerciait le Bon Dieu», mercredi.

Son mari, une amie et le fils de celle-ci sont les trois blessés qui ont été hospitalisés. Le groupe de sept mangeait à l’extérieur et la roulotte a bien failli les frapper.

«Si la roulotte tombait, on se faisait tous écraser, on était les sept en dessous. Mais un autre coup de vent est arrivé et elle est montée», confie Daniel Tessier, qualifiant le tout de miracle. «Ça aurait pu être fatal».

Un peu plus loin sur le camping, deux roulottes ont également été pulvérisées par des arbres qui ont été déracinés ou cassés par la force du vent. Personne ne se trouvait à l’intérieur, heureusement.

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