/news/law

Une racaille se plaint de la vermine en prison

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Archives/Agence QMI

Un entrepreneur qui a assassiné de 32 coups de couteau son partenaire d’affaires avant de cacher le cadavre a réclamé mercredi que sa sentence soit allégée en raison de ses conditions de détention.

« Ce n’est pas le Club Med [...] Je pouvais être assis dans mon lit pis je me mettais à brailler pour rien », a soufflé André Michel Boyer, 60 ans, témoignant de ses nombreuses difficultés vécues en prison.

Vermine, insalubrité, nourriture moisie, eau imbuvable, ventilation déficiente, anxiété, violence ; sa liste de récriminations contre le système carcéral est bien longue.

« Ç’a un gros impact [sur moi]. C’est [la] première fois que je rentre en prison, soutient Boyer. Je mange mal, je dors mal, je fais de la paranoïa, tu sais jamais ce qui peut arriver. [...] Je dois m’acheter des bouteilles d’eau. L’eau du robinet, ça pétille comme du 7Up. »

Le sexagénaire s’est reconnu coupable en avril d’homicide involontaire et d’outrage à un cadavre. Domenico Iacono a été tué de 32 coups de couteau après un conflit entre les deux hommes à l’été 2015. Boyer avait aussi tenté de dissimuler l’homicide en cachant la dépouille dans la voiture de sa victime.

Tuer des souris

Or, Boyer demande à la juge Lyne Décarie de faire preuve de clémence au moment d’imposer sa sentence à cause des conditions à la prison de Bordeaux, où il est depuis septembre 2017 et où il dit vivre un « stress continuel ».

Au lieu de considérer la détention préventive en temps et demi comme c’est la norme, il voudrait que le temps passé là-bas soit comptabilisé en temps double. C’est donc dire qu’une journée de prison équivaudrait en fin de compte à deux.

Boyer a affirmé mercredi se lever la nuit pour tuer des souris et autres vermines en tout genre.

« Coquerelles, blattes, puces de lit. Durant tous les deux ans et demi que j’ai été à Bordeaux, j’ai jamais vu un exterminateur », a-t-il dit, dégoûté.

Les représentations sur la peine à infliger à André Michel Boyer se poursuivront le 5 septembre. On peut s’attendre à ce que la procureure de la Couronne, Anne-André

Charette, demande une peine sévère, alors qu’elle considère le crime comme un « quasi-meurtre ».

L’avocate de la défense, Annie Émond, n’a pas annoncé ses intentions.

Dans la même catégorie