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Les frais de déplacement grimpent en flèche chez Hydro-Québec

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Montréal

Archives/Agence QMI

La facture des frais de déplacement des employés d’Hydro-Québec a atteint 57 millions $ en 2018, une hausse de 9 %. Une situation qui s’explique notamment par l’augmentation des séjours à l’étranger pour vendre l’électricité québécoise et par l’impact de la météo, répond la société d’État.

En 2018, Hydro-Québec a payé en frais de transport, d’hébergement et de repas pour son personnel 56,96 millions $. En 2017, le montant déboursé avait été de 52,3 millions $.

Ces sommes n’incluent pas les dépenses du président-directeur général ainsi que celles des membres du conseil d’administration. L’an dernier, le grand patron, Éric Martel, a vu ses dépenses diminuer de 2 %, passant de 80 000 $ à 78 500 $.

Pour la Fédération canadienne des contribuables, l’augmentation des frais de déplacement chez Hydro-Québec au cours des dernières années est injustifiée.

« C’est beaucoup d’argent. Il y a eu plusieurs augmentations et Hydro-Québec a toujours donné comme réponse que les contribuables en avaient pour leur argent. J’aimerais savoir si une vraie analyse a été réalisée. J’aimerais voir s’il n’y a pas un moyen pour réduire ces frais », indique Renaud Brossard, directeur, Québec.

« Ces frais, ce ne sont pas juste pour du démarchage. Hydro-Québec envoie des employés partout à travers la province, notamment par avion », poursuit-il.

Vers une autre augmentation ?

De son côté, la société d’État, qui compte environ 19 900 travailleurs, n’est pas en mesure de dire si ce montant diminuera. Au contraire, selon le fournisseur d’électricité, en raison des démarches d’affaires à l’étranger, notamment les discussions entourant le projet New England Clean Energy Connect, qui consiste à construire une ligne de transport pour acheminer de l’énergie vers le Massachusetts, les frais de déplacement pourraient grimper.

« Ce qui explique l’augmentation en 2018, ce sont nos stratégies de développement des affaires aux États-Unis et à l’étranger ainsi que les événements météo majeurs. On peut penser aux Îles-de-la-Madeleine, où nous avons été forcés de noliser des avions et de réserver des espaces sur des bateaux pour rétablir l’électricité. Il y a aussi eu la tornade à Gatineau, où il a fallu envoyer des dizaines de travailleurs », énumère le porte-parole Francis Labbé.

« Quant aux démarches à l’étranger, si tu veux vendre de l’électricité, il ne faut pas rester dans ton salon. Il faut aller sur place et se faire connaître », poursuit-il.

Ce dernier rappelle que le volume des ventes à l’étranger a bondi de 10 % en 2018 et que le bénéfice net a connu une hausse de 12 % pour atteindre 3,192 G$.

Dans le cas du projet au Massachusetts, l’entente d’une durée de 20 ans pourrait rapporter 10 milliards $. Hydro-Québec est aussi en négociations avec la Ville de New York. Un potentiel contrat également de 10 milliards $. Hydro-Québec vise toujours atteindre les 27 milliards $ de revenus d’ici 2030.

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