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Des ados à vélo pour gérer leurs démons

Amélie St-Yves | Journal de Montréal

gracieuseté, Facebook

Une dizaine de jeunes autochtones qui n’ont pas d’eau courante ni d’électricité à la maison rentreront chez eux lundi, après avoir parcouru 1625 kilomètres à vélo cet été au lieu de faire des mauvais coups.

Les enfants et adolescents ont quitté la communauté de Kitcisakik, en Abitibi-Témiscamingue, le 3 juillet pour pédaler à travers les terres algonquines de leurs ancêtres, au Québec et en Ontario.

Les jeunes âgés de 8 à 16 ans ont parfois dormi sous la tente, parfois dans des centres communautaires, à l’occasion à l’hôtel, pour une bonne douche et un lit confortable.

Plusieurs adolescents qui ont pris part à ce périple ont vécu des traumatismes, et certains se sont réfugiés dans la consommation, selon l’ex-chef de la communauté, Jimmy Papatie, qui accompagne le groupe.

Isolés

« S’il n’y avait pas de [voyage à vélo], je pourrais dire que les jeunes seraient à l’oisiveté, à consommer, il y aurait du vandalisme », indique-t-il.

Les maisons privées n’ont pas d’eau courante à Kitcisakik. Il y a un bloc sanitaire dans la communauté de 300 personnes, avec quatre douches pour les hommes, et quatre douches pour les femmes, des toilettes et des robinets.

L’électricité des infrastructures publiques provient d’une génératrice.

Il y a quand même une station à essence, un petit casse-croûte, un centre communautaire et une école primaire. Les élèves qui vont au secondaire doivent cependant prendre le bus jusqu’à Val-d’Or, situé à 90 km plus au nord.

La majorité des participants au voyage n’avaient jamais quitté leur communauté située dans la réserve faunique de La Vérendrye, autrement que pour aller à Val-d’Or.

Maintenant Sages

Jorden Dumont, 11 ans, a constaté des changements au fil des kilomètres. Il discute davantage avec les autres adolescents.

« Je me sens vraiment très bien, dans mon corps et dans ma tête », dit-il.

Jayden Pénosway Dumont a quant à lui profité de l’aventure pour contrôler ses problèmes de comportements.

« Je suis très, très sage », laisse tomber le garçon de 11 ans, qui a l’intention de maintenir ses bonnes habitudes.