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Des déchets néfastes pour les animaux

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

Journal de Montréal

Des producteurs agricoles en ont assez que les automobilistes jettent leurs déchets sur le bord de leur terre parce que cela rend malades leurs bêtes.

«Ils ne comprennent pas que leurs canettes d’aluminium se retrouvent déchiquetées dans le foin avec lequel on nourrit nos vaches. Nos vaches tombent malades et dans le pire des cas, elles peuvent mourir », dénonce Sébastien St-Jacques, un producteur laitier du Témiscamingue.

Il est équipé d’un détecteur de métal, mais son appareil ne fonctionne pas avec l’aluminium et le plastique, qui se retrouvent en petits morceaux coupants dans le foin.

M. St-Jacques est tellement découragé du manque de civisme de certains automobilistes qu’il a décidé de faire une publication le 24 juillet sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les gens.

En date de dimanche, son message avait été partagé par plus de 13 000 personnes et comptait près de 1000 commentaires.

Partout au Québec

La situation est la même partout à travers la province.

«Il n’y a pas que les canettes et les bouteilles. On se retrouve avec des sacs de Tim Hortons, de McDonald’s, des verres à café et ça peut se retrouver dans le foin des animaux », explique Yvan Bastien, un producteur laitier de Sainte-Anne-des-Plaines.

Benjamin Tremblay produit du foin qu’il revend à des éleveurs de chevaux ou de bétail. L’homme de Granby ramasse environ 50 livres de déchets par année sur un demi-kilomètre de terre qui se trouve en parallèle du chemin Mountain, en Estrie.

Un gallon de peinture

Il n’en revenait pas lorsqu’il est passé avec sa faucheuse par-dessus un gallon de peinture au beau milieu de son champ l’année passée.

«Le gallon était plein de peinture blanche. Ma faucheuse est devenue blanche et le foin aussi sur dix mètres carrés », lance-t-il, découragé.

Tous les producteurs agricoles avec lesquels Le Journal s’est entretenu disent faire le ménage plusieurs fois par année sur le bord des routes jonchant leur lot.

«Le vent transporte les déchets un peu partout sur nos terrains », explique Sarah-Ève Dubé, productrice laitière à Ham-Nord, dans le Centre-du-Québec.

Le vétérinaire René Lord pratique la médecine depuis 1976 sur les animaux de fermes. Il mentionne que la situation est généralisée.

«Tous les producteurs en parlent régulièrement. C’est un gros problème », dit-il.

Le spécialiste explique que les corps étrangers causent des péritonites aux bêtes qui peuvent en mourir.