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Trump critiqué et l'Amérique ensanglantée: un expert analyse la rhétorique raciste du président

TVA Nouvelles et AFP

Depuis les deux tueries survenues en l’espace de 13 heures, le président des États-Unis est accusé par ses adversaires démocrates d’alimenter l’intolérance avec ses fréquentes déclarations.

«Dans un cadre général, le président Trump attise les tensions. Depuis le début de sa campagne, en 2015, il accuse les gens d’origine latino-américaine d’amener du crime, drogue et des problèmes aux États-Unis», a expliqué Francis Langlois, professeur d’histoire au Cégep de Trois-Rivières, en entrevue à LCN.

«M. le président, arrêtez votre rhétorique raciste, haineuse et anti-immigrés», a tweeté Bernie Sanders, l'un des favoris de la primaire démocrate. «Votre langage crée un climat qui encourage les extrémistes violents», a-t-il ajouté.

Donald Trump «encourage non seulement la rhétorique raciste, mais aussi la violence qui suit», a renchéri un autre candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020, Beto O'Rourke, originaire d'El Paso.

«Dans un rallye récemment, Trump a demandé à la foule si ça l’avait choquée qu’au guichet automatique on offrait la langue anglaise et espagnole comme langues de service», a poursuivi le chercheur associé à la Chaire de recherche Raoul-Dandurand.

«C’est quelque chose sur lequel il revient de façon fréquente», a ajouté le professeur.

Samedi, à El Paso, au Texas, une ville à 85% hispanique, un homme blanc de 21 ans, armé d'un fusil d'assaut, a fait 20 morts, dont six Mexicains, près d'un magasin Walmart.

Un manifeste, attribué au tireur et circulant sur internet, dénonce «une invasion hispanique du Texas» et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

L'affaire est traitée comme un cas de «terrorisme intérieur», ont annoncé les autorités fédérales.

Treize heures plus tard, un autre homme blanc, âgé de 24 ans, a semé la terreur à Dayton, dans l'Ohio, faisant 9 morts en moins d'une minute. Sa soeur figure parmi les victimes et ses motivations n'étaient pas claires dans l'immédiat.

Mais des changements dans la législation pour assurer un meilleur contrôle des armes à feu semblent improbables à court terme.

«À Washington, il y a une volonté des démocrates, mais c’est bloqué. Il n’y a aucune chance qu’il y ait quoi que ce soit qui bouge d’ici la prochaine élection, même peut-être après», a expliqué M. Langlois.

«Mais au niveau local, au niveau des États, au niveau des municipalités, au niveau des comtés, depuis la fusillade de Parkland, mais même depuis celle de Sandy Hook, le mouvement prorèglementation s’est réorganisé de façon locale», a-t-il précisé.

Ce mouvement demande notamment qu’il y ait des vérifications systématiques des antécédents judiciaires ou psychiatriques de tous les gens qui achètent ou vendent des armes à feu. Il souhaiterait aussi que le port d’arme soit limité dans la rue et que l’utilisation des armes d’assaut soit limitée.

«Avec des choses de base, ça peut changer les choses», a estimé le professeur.

Depuis le début de l'année, plus de 250 fusillades ont fait quatre victimes, morts et blessés confondus, selon un décompte de l'organisation Gun archives violence.

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