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Tragédie sur la 440 : des civils impuissants ont «tout tenté» pour sauver les victimes

TVA Nouvelles

Des automobilistes courageux ont «tout tenté», certains mettant leur propre vie en danger, afin de sauver les victimes de la tragédie survenue sur l’autoroute 440 à Laval, lundi après-midi.

Attention : le témoignage ci-haut peut être difficile à regarder.

Valérie Beauséjour est toujours sous le choc moins de 24 heures après la tragédie routière qui a coûté la vie à quatre personnes, en plus d’en blesser 15 autres, dont trois grièvement. Elle circulait sur la voie de service de l’autoroute 440 lorsqu’elle s’est immobilisée pour tenter d’aller porter secours aux victimes du terrifiant accident impliquant neuf véhicules, dont deux poids lourds.

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Devant elle, la scène était désolante. «La fumée est noire, c’est un noir opaque, d’une intensité... c’est pas beau», décrit-elle dans un témoignage émouvant accordé mardi à TVA Nouvelles.

Séparée de la scène de l’accident par une clôture, Mme Beauséjour s’est arrêtée pour s’assurer que les voitures impliquées dans le carambolage avaient été vidées de leurs passagers.

«Je ne peux pas traverser, c’est impossible. À partir de la voie de service, la fenêtre ouverte, je crie “est-ce qu’il y a quelqu’un dans ce char-là?” Il y a un jeune homme en forme qui est allé voir, il a dit que non», se rappelle-t-elle.

L’exercice a été répété pour plusieurs véhicules, dont certains étaient complètement «éventrés», jusqu’à une voiture écrasée entre les deux poids lourds.

«Je ne sais pas elle était grande comment, mais il n’en restait pas beaucoup, décrit-elle. Elle était complètement écrasée sous le poids lourd. Dans ma tête, il n’y avait personne de vivant dans cette auto-là.»

C’est à ce moment que Mme Beauséjour a entendu des cris de détresse. Des cris qui continuent de la hanter au lendemain de la tragédie.

«Ça flambe à une intensité qui n’est pas possible et là, j’entends “à l’aide!”. Il y a quelqu’un dans le char. Et là je crie. Je crie pour annoncer aux gens qui sont de l’autre côté qu’il y a quelqu’un dans l’auto. Puis j’entends une autre personne. C’est confus, mais dans ma tête, il y a deux personnes dans la voiture.»

Des civils sur les lieux de l’accident se sont alors précipités près de la voiture en feu pour tenter de sauver les personnes coincées à l’intérieur.

«Il y a un gars – je veux lui dire merci – qui avait un extincteur et qui a sauté par-dessus la clôture comme Rambo. C’était écœurant. Il a essayé d’éteindre [le feu]. Un autre gars est aussi venu avec un extincteur, mais ce n’était pas possible», raconte Mme Beauséjour.

C’est d’ailleurs l’essence du message qu’elle voulait livrer mardi aux familles des victimes. «Les gens qui étaient là ont tout fait ce qui était possible. Chaque personne a eu un rôle, souligne Mme Beauséjour. Les gens se sont mis en danger parce que la chaleur était extrêmement élevée et les explosions commençaient.»

«Tu vois que les gens ont tout fait, tout essayé, poursuit-elle. J’aimerais ça que les familles le sachent.»

«J’ai brisé»

Pour tous les automobilistes qui étaient près de la scène, le traumatisme est important. Les images et les bruits de la tragédie continuent de pourchasser Mme Beauséjour, qui admet s’être sentie «brisée» à un certain point sur la scène de l’accident.

«T’entends quelqu’un demander de l’aide. Tu le sais que ça ne va pas bien. La situation n’a rien de positif et ça ne s’en va pas du bon bord. Dans ma tête, je voulais tellement qu’on les sorte de là, mais non. C’est à ce moment que j’ai brisé, quand j’ai entendu la personne crier», mentionne-t-elle.

«Personne n’est préparé à ça», poursuit la dame, toujours ébranlée par le «chaos» et la «détresse» vécue la veille.

«C’est une détresse après parce que la voix et les cris restent. Tu te demandes ce que tu aurais pu faire de plus, mais tu ne peux pas.»

Le premier ministre du Québec François Legault a tenu à souligner mardi le courage des premiers répondants dont fait partie Mme Beauséjour. M. Legault les a d’ailleurs encouragés à demander de l’aide psychologique s’ils en éprouvaient le besoin.

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