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Un secteur souvent évité à cause du danger

TVA Nouvelles

L’autoroute 440 a été complètement rouverte à la circulation, mardi matin à Laval, mais beaucoup de questions entourant le carambolage mortel qui s’est produit lundi après-midi sont toujours sans réponses. En attendant les résultats d’une enquête qui s’annonce longue, plusieurs conducteurs montrent du doigt la configuration des lieux, où les déplacements ne se font pas sans risques.

Lundi, vers 15h35, un grave accident impliquant deux poids lourds a fait quatre morts. Quinze autres personnes ont été blessées, dont trois reposaient toujours dans un état critique à l’hôpital, mardi. Une scène désolante qui survient à un endroit où un effet d’entonnoir se produit régulièrement.

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Défis de conduite

Il s’agit effectivement d’un secteur problématique, juge Pierre Yergeau, formateur en camionnage pour l’entreprise Formation Nord Sud.

«Quand on sort de la 440 et qu’on veut prendre la voie de service pour aller chercher la 15, la voie pour embarquer sur la voie de service est très courte, avec des véhicules qui roulent vite aussi, donc il y a un effet de ralentissement soudain, [...] il faut regarder dans notre angle mort... Les gens mettent les freins, c’est normal, s’ils ne sont pas sûrs d’embarquer», détaille le spécialiste de la conduite, pour expliquer l’engorgement que ça crée sur la 440.

L’homme croit que ces conditions pourraient expliquer l’accident d’hier.

Par ailleurs, le défi de conduite ne s’arrête pas là. «Ensuite, les gens sont obligés de faire trois changements de voie rapides: ils embarquent sur la voie de gauche, il faut qu’ils aillent sur la voie de droite et il faut qu’ils ressortent pour aller prendre la bretelle pour prendre la 15 dans des rues adjacentes», poursuit M. Yergeau.

 

Aussi, les automobilistes tendent à oublier qu’il faut une certaine distance aux poids lourds pour freiner. «Les gens en profitent pour se jeter en avant du poids lourd parce qu’on observe toujours une distance, donc ça fait qu’on a toujours des gens en avant de notre ‘’bumper’’.»

Un secteur qu’on évite

Pierre Yergeau dit qu’il évite le site où s’est produit le drame d’hier comme camionneur, mais également comme conducteur de manière générale.

«Quand je suis sur la Rive-Sud et que je veux m’en aller à Mirabel, je vais continuer sur la 25 et je vais aller chercher la 640 pour être capable d’embarquer sur la 15 au lieu de venir ici parce que ce secteur-là est trop problématique», justifie-t-il.

Selon lui, la solution ultime réside dans l’installation d’un échangeur pour donner la possibilité de transférer d’une autoroute à l’autre sans passer par les petites rues. Mais à plus court terme, il suggère d’allonger la voie pour s’insérer sur la voie de gauche, en sortant de la 440. «À partir du boulevard Industriel, on pourrait commencer à mettre des panneaux pour s’insérer parce qu’on a vraiment de la place.»

 

Un secteur «très mal conçu»

Daniel Beaulieu, porte-parole de L’heure juste du camionneur, soutient que ses collègues et lui ont fait de nombreux efforts ces derniers efforts ces dernières années pour conscientiser le ministère des Transports et le gouvernement au sujet de ce secteur jugé dangereux, où s’est produit un accident mortel en 2016.

«C’est très mal conçu. On vit la problématique de l’inaction d’un ministère qui n’a jamais rien fait pour changer les choses», a dit Daniel Beaulieu en entrevue à LCN.

Selon M. Beaulieu, cette tragédie aurait pu être évitée.

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