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Abolition des seuils d’immigration: le Conseil du patronat pense que Québec fait fausse route

Le Québec va frapper un mur s'il n'augmente pas de façon significative l'accueil de nouveaux immigrants, clame le Conseil du patronat (CPQ) qui viendra exposer son point de vue lors d’une commission parlementaire à Québec la semaine prochaine.

Le président du CPQ prévient le gouvernement Legault que s’il veut combler les départs à la retraite et maintenir la croissance économique, le Québec doit accueillir plus de 60 000 immigrants par année. «Ça nous prend en moyenne au moins 64 000 nouveaux immigrants par année au Québec pour combler les besoins, alors si on est juste en bas de ce nombre on fait juste pelleter par en avant et, à un moment donné, on frappe un mur! clame Yves-Thomas Dorval. En fait, le mur, on est déjà dedans.»

Le gouvernement Legault vient de faire passer le seuil d'immigration cette année à 40 000. Il prévoit le hausser graduellement à 52 000 d'ici trois ans. «On a besoin de plus de 300 000 travailleurs étrangers pour les 10 prochaines années», insiste le président du Conseil du patronat, qui souligne que le Québec a actuellement 117 000 postes à combler et qu’il en va de la vitalité de certaines régions comme la Côte-Nord.

Le CPQ estime ne pas tenir un discours alarmiste, mais souligne que 40 % des PME peinent à trouver des employés. Plusieurs doivent même se tourner vers l’étranger pour embaucher. Selon lui, le gouvernement devra mettre le pied sur l’accélérateur pour répondre à la demande.

M. Dorval passera trois messages lors de la commission parlementaire: «Un, c'est encore trop lent, dit-il. Deux, la grille de sélection n'est pas encore adaptée aux besoins du marché du travail et trois, on a besoin de plus de personnes.»

Le gouvernement en mode écoute

Le ministre de l’Immigration est disposé à entendre les arguments des 31 intervenants qui viendront expliquer leur réalité au parlement. Simon-Jolin Barrette souligne que l’immigration fait partie des moyens pour pallier au manque de main-d’œuvre, qu’il faut chercher l’équilibre.

«L'immigration peut répondre aux besoins du marché du travail, dit-il. Mais ce n'est pas uniquement la seule source. On sait que le taux d’emploi chez les gens de 60 ans et plus peut-être augmenté, les personnes qui peuvent retourner à l’école vers des formations en demande.»