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L’aide psychologique fortement recommandée aux témoins et victimes

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Fumée dense, flammes vives, cris de détresse et véhicules écrasés. À la vue de ces images d’horreur, un témoin du terrible accident survenu lundi sur l’autoroute 440, à Laval, n’hésitera pas à demander de l’aide psychologique.

« Je savais que les gens étaient morts, c’est vraiment traumatisant, confie d’emblée Danny Morin. Je pensais que ça passerait, mais je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis encore vraiment sous le choc. Je n’aurai pas d’autre choix que d’aller me chercher de l’aide psychologique. »

Une vue atroce

Lundi, l’homme de 39 ans roulait sur l’autoroute 440 Est lorsque la violente collision qui a fait quatre morts et quinze blessés s’est produite sous ses yeux, sur les voies rapides menant en direction ouest.

Il a vu une automobile se faire littéralement écraser par un poids lourd.

 

Nul doute, il savait qu’au moins un cadavre se trouvait à l’intérieur du véhicule, car « personne ne pouvait avoir survécu à un tel accident ».

D’autres citoyens courageux ont quant à eux tout tenté pour sauver les victimes.

Impuissants, ils ont dû se résoudre à observer l’atroce scène du carambolage.

Mardi, même le premier ministre François Legault a encouragé les gens qui en éprouvaient le besoin à consulter des ressources d’aide psychologique.

« Des fois, être témoin [d’un drame] peut éveiller des traumatismes passés qui étaient enfouis. Ça peut amener du stress, de l’angoisse, de l’anxiété ou des crises de panique », explique Michael Beaudry, directeur de la Maison L’Épervier.

« Toutefois, les cauchemars ne sont pas nécessairement négatifs. Ça peut être une forme d’évacuation », ajoute-t-il.

Offrir un réconfort

Tant les automobilistes blessés, les témoins oculaires, les premiers répondants que les proches de victimes peuvent être affectés à différents degrés.

« L’apparition d’un stress aigu dans les prochains jours est importante à déceler, fait valoir le Dr François Bilodeau, psychologue spécialisé en troubles anxieux et en syndromes post-traumatiques. À court terme, ça peut se remarquer par des flash-back, des images qui ne veulent pas sortir de la tête et des pensées négatives. »

« On peut ressentir aussi de l’évitement de la part des gens affectés. Ils peuvent ne pas vouloir aborder le sujet ou éviter tout ce qui peut leur faire penser à cet événement », poursuit-il.

Dans tous les cas, le Dr Bilodeau mentionne qu’il n’est pas nécessaire de forcer les gens à verbaliser ce qu’ils ont vu ou vécu. Il suggère davantage de leur offrir du réconfort.

L’expert recommande aux gens impliqués de près ou de loin d’aller chercher de l’aide, même si c’est seulement de façon préventive.

– Avec la collaboration de Frédérique Giguère