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Congédiement abusif sur le chantier du REM?

TVA Nouvelles

Le représentant en santé et sécurité du chantier du Réseau express métropolitain (REM) a été congédié et son syndicat prétend qu’il a été victime d’une sanction abusive.

Delorimier Lasalle était nouvellement embauché par le consortium NouvLR, responsable des travaux de construction de cet imposant projet de transport en commun de la grande région de Montréal. Il avait été désigné par son syndicat, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International).

Après 2 à 3 semaines en poste, se posant des questions sur une situation en particulier, il aurait téléphoné à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour obtenir des éclaircissements. Cet appel n’aurait pas plu à son employeur, le consortium NouvLR, qui l’aurait mis à la porte, jugeant que son attitude était inadéquate.

La situation en question concernerait la station Canora, sous haut voltage. Sur un tel chantier, les travailleurs emploient une procédure de cadenassage pour éviter les accidents. «On s'assure que chaque travailleur a son cadenas où il y a une mise sous tension», explique Éric Nantel, responsable santé-sécurité du syndicat l'Inter. «Mais il n'y avait qu'un seul cadenas pour tous les travailleurs présents sur le chantier.»

COURTOISIE

«La seule raison, c’est qu’il a soulevé des questions en santé et sécurité et qu’il a consulté la CNESST, affirme Michel Trépanier, président du syndicat. De notre part, on voit ça comme un geste clair d’intimidation, pas juste envers notre représentant en prévention, mais envers tous les travailleurs de l’industrie de la construction.»

M. Trépanier soutient que ce renvoi pourrait décourager certains travailleurs à signaler des situations potentiellement dangereuses.

«La base en santé et sécurité, c’est de créer une culture avec les employés, un climat de confiance pour inciter le monde à soulever des questionnements, dit-il. Ici, c’est carrément le contraire, donc on trouve ça extrêmement dangereux la situation et la culture d’entreprise de NouvLR.»

Le syndicat indique avoir envoyé un document au consortium NouvLR dans lequel il est écrit «noir sur blanc» que le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction requiert l'annulation du congédiement de monsieur Lasalle et sa réintégration dans sa fonction à l'intérieur d'un délai de 24 heures.

Pour sa part, le consortium n’a pas voulu commenter cette situation en particulier.

«Nous ne pouvons commenter de façon spécifique le dossier d’un travailleur, indique le groupe dans un courriel transmis à TVA Nouvelles. Nous nous assurons que tous nos travailleurs respectent les valeurs et la culture NouvLR.»

NouvLR soutient du même coup que «la santé et la sécurité des employés et des travailleurs sont au cœur» de ses valeurs.

Le syndicat est convaincu que le congédiement de Delorimier Lasalle est illégal et prévoit entreprendre des recours afin de lui permettre de réintégrer ses fonctions.