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Deux beaux-frères en cour pour des billets de saison du Canadien

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Privé d’assister aux matchs du Canadien par son beau-frère qui a accaparé leur abonnement après une dispute, un Montréalais s’est fait octroyer une compensation de 45 000 $ par la cour.

« C’était douloureux pour lui de perdre le droit pour lequel il avait payé et dont il a pu profiter pendant 19 ans », a souligné dans sa récente décision le juge Jeffrey Edwards, affirmant que le beau-frère n’avait « aucune raison valable de ne pas respecter le contrat ».

Le litige entre Louis Terzopoulos et Petros Sakaris remonte à 2014. Les deux hommes se connaissent depuis 1991, alors qu’ils ont marié chacun une sœur, devenant ainsi beaux-frères.

De très bons sièges

Ils ont l’occasion, en 1995, de se procurer un abonnement du Tricolore, qui à l’époque évoluait au Forum. Ils font l’achat à parts égales, soit 11 250 $ chacun, mais le mettent au nom de M. Sakaris, puisque la procédure ne permet pas d’en inscrire plusieurs.

La saison suivante, la Sainte-Flanelle déménage dans ce qui deviendra le Centre Bell. Leurs billets sont relocalisés dans l’aréna et sont qualifiés « parmi les meilleurs sièges de la place », peut-on lire.

Pendant des années, les deux beaux-frères réussissaient à s’entendre à merveille sur la façon de diviser les billets.

Il se fait justice

Sauf qu’en 2013, Louis Terzopoulos et sa femme débutent des procédures de divorce, un processus qui est devenu vite « acrimonieux », indique la décision.

Ne voulant plus avoir affaire avec son beau-frère, Sakaris décide alors de ne plus lui partager les billets du Canadien pour la saison 2014. L’affaire s’est transportée devant les tribunaux en juin dernier.

« Petros a admis qu’il avait refusé de donner des billets à Louis à cause des récriminations de sa belle-sœur contre Louis. Ce faisant, Petros s’est fait justice lui-même et a infligé ce qu’il estimait être une punition méritée pour Louis », a conclu le juge Edwards au terme du procès.

L’expert en marketing sportif bien connu Ray Lalonde est même allé témoigner afin de pouvoir déterminer la valeur de l’abonnement 2014, arrivant à un montant de plus de 51 000 $.

Le juge a donc accordé à M. Terzopoulos un total de 44 809 $, ce qui comprend notamment la moitié des billets, des dommages punitifs ainsi que les frais d’avocats.

L’avocat de Petros Sakaris a indiqué au Journal que le jugement sera porté en appel.