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Transformée en torche humaine: elle criait «Au secours! Je suis en feu!»

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Des résidents de la rue Arago Ouest, à Québec, ont tout tenté pour alléger les souffrances d’une femme de 27 ans transformée en véritable torche humaine et brulée sur environ 50% de son corps, hier soir.

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Martin Allard était sur sa galerie au deuxième étage, dans un immeuble voisin, quand il a aperçu des flammes dans la rue. Il a mis quelques instants avant de réaliser qu’une personne était en feu. Il n'en croyait pas ses yeux.

«Je pensais que c’était une torche qui brulait dans la rue. Elle courait après une personne. Elle s’est mise à crier au milieu de la rue. Elle criait: "Au secours! Je suis en feu!". Tout d’un coup, je me suis dit: voyons, c’est une personne!»

M. Allard a dévalé les escaliers de son bloc appartements pour secourir la jeune femme. Il décrit une véritable scène d’horreur.

 

Odeur d’essence

«Je lui ai dit: tire-toi à terre! Tire-toi à terre! Elle brulait. C’était tout le dos, les jambes, les cheveux. Je voyais tout ça bruler» dit l’homme révolté par ce qu’il a vu.

«Elle était en feu en arrière d’elle. Je la voyais bruler. J’ai tout pogné son linge. Elle était complètement nue. Je me suis dit : c’est ce qu’il faut que je fasse. Je ne peux pas faire autre chose», raconte M. Allard.

Il soupçonne que la femme a été aspergée d’essence, puisqu’une forte odeur de ce combustible se dégageait de la malheureuse, affirme-t-il, ce qu’a corroboré une autre témoin au Journal.

La femme en flammes est demeurée consciente pendant les événements.

Une voisine a accouru munie d’un seau d’eau. Une autre a fourni une couverture.

«J’ai essayé de lui mettre la couverture, mais elle était tellement brulée qu’elle disait: ne faites pas ça monsieur, je suis trop brulée. Ça brule!», poursuit M. Allard, qui espère maintenant que la femme puisse s’en sortir.

État critique

«Elle n’est jamais tombée sans connaissance. Elle était devant moi. Je lui disais que les ambulanciers s’en venaient», dit-il.

La scène se serait déroulée en présence de la mère de la victime et de ses deux enfants en bas âge. Ils n’auraient pas été blessés.

La victime luttait toujours pour sa vie, samedi matin, dans une unité dédiée aux grands brûlés.

Selon des résidents de la rue Arago, elle venait en début d’été d’emménager avec ses enfants dans un immeuble de logements sociaux de ce secteur.

Samedi matin, des traces noires, vraisemblablement des vêtements en cendres, témoignaient encore du terrible drame sur la chaussée. Les policiers ont procédé à l'arrestation de l'ex-conjoint de la victime samedi à Drummondville.

L’enquête policière porte sur une tentative de meurtre.

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