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Un pimp remis en liberté même s’il a tenté de contacter sa victime

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Les autorités viennent de remettre en liberté un proxénète qui a fait vivre sept ans de torture à une jeune femme, même s’il aurait tenté d’appeler celle-ci deux semaines après avoir obtenu sa libération conditionnelle.

« C’est une erreur, je n’en dors pas la nuit. Je ne vais pas contacter la personne qui m’a sali, qui m’a traîné dans la boue, ce n’est pas raisonnable », s’est maladroitement justifié Frédérick Francillon vendredi, au pénitencier de Drummondville.

L’homme de 38 ans s’est présenté devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) pour tenter de recouvrer sa liberté suspendue.

Le pimp avait obtenu la permission d’aller vivre dans une maison de transition de Montréal en mai dernier, après avoir purgé les deux tiers de sa peine de six ans et demi d’incarcération.

Francillon a toutefois été ramené derrière les barreaux après 17 jours, car il aurait essayé d’appeler, via l’application Messenger, celle qui a été sous son joug pendant sept ans.

Entre 2007 et 2014, il a forcé la victime à devenir danseuse nue, escorte et prostituée de rue. Âgée de 18 ans lorsqu’elle a rencontré le proxénète à un arrêt d’autobus, la jeune femme devait lui remettre tous ses gains.

Elle a également été violentée physiquement, puis menacée de mort quand elle a quitté son bourreau.

Arrêté en 2015 par la police de Laval, Francillon n’avait pas le droit de contacter la victime depuis.

Pas sa faute

Vendredi, le pimp a juré que l’appel était une erreur de manipulation... faite par sa mère.

« Par précaution, j’ai demandé à ma mère de m’aider à nettoyer mon Facebook », a-t-il répété, expliquant que celle-ci aurait accroché une touche du téléphone.

La mère du détenu, qui était présente lors de l’audience, a corroboré la version de son fils dans une lettre écrite à la CLCC.

L’agente de libération conditionnelle de Francillon ne semblait toutefois pas convaincue de la véracité de ces explications, si bien qu’elle a recommandé à la Commission de le laisser réfléchir au pénitencier encore quelques mois.

Vendredi, le pimp a affirmé du même souffle qu’il ne voulait pas de mal à la victime, mais aussi que « les trois quarts de ce que Madame a dit [à la cour], c’était du mensonge », faisant sourciller son avocate.

Bien qu’elle convienne que les crimes de Francillon sont très graves et qu’il manque d’empathie envers la victime, la commissaire Marie-Claude Frenette a accordé « une certaine crédibilité » à ses explications. Elle lui a donc permis de retourner vivre en maison de transition, en lui interdisant d’utiliser les réseaux sociaux.

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