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Des listes d'items scolaires de plus en plus conformes

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Simon Clark/Journal de Québec

Cette année, les parents qui magasinent les fournitures scolaires à l’approche de la rentrée ont entre les mains des listes d’articles plus conformes aux règles en vigueur, après la confusion qui a régné à ce sujet au cours des dernières années.

Au début juin, le gouvernement Legault a adopté une loi qui visait à faire le ménage dans la facture scolaire, dans la foulée d’un recours collectif qui a forcé les commissions scolaires à verser 154 millions $ à des parents pour des frais facturés en trop.

En fin d’année scolaire, le ministère de l’Éducation a rendu public un aide-mémoire qui précise ce qui doit être fourni par l’école et ce qui peut être exigé des parents (voir encadré).

Flou dissipé

L’élaboration de « nouvelles balises très précises » a donné un bon « coup de main » aux écoles, affirme Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« Il y a moins d’ambiguïtés qu’avant, ça fait vraiment une grande différence », affirme-t-il.

Même son de cloche de la part de la Fédération des comités de parents du Québec. « On était dans le flou avant, maintenant c’est beaucoup plus clair », lance son président, Kévin Roy.

Des listes en règle

Les listes de matériel scolaire sont plus conformes aux règles en vigueur comparativement aux années précédentes, a aussi pu constater Le Journal après en avoir consulté plus d’une trentaine sur le web.

Les dictionnaires anglais-français et les flûtes à bec, qui doivent notamment être fournis par l’école, brillaient par leur absence cette année.

Même verdict de la part d’Évelyne Cormier, gérante du magasin Ma Boutique scolaire, à Québec.

« Tout ce qui est superflu a disparu des listes, comme les mouchoirs, le Purell ou les sacs Ziploc. On a aussi vu une diminution dans les quantités d’articles demandées », affirme-t-elle.

Seul bémol, la description de certains articles porte toujours à confusion puisque les écoles ne peuvent imposer de marques ou de produits précis, indique Denis Auclair, propriétaire du magasin Hamster Jacques le Papetier, à Charlesbourg.

« Il y a des définitions qui n’en finissent pas et les parents ont parfois de la difficulté à s’y retrouver », affirme-t-il.

Certains ont dû se procurer un « porte-document antiadhésif et antireflet perforé » alors que d’autres sont partis en quête d’un « duo-tang à pochette sans attache », qui est en fait un porte-document puisque par définition un duo-tang comprend trois attaches pour les feuilles perforées, explique M. Auclair en souriant.

Chèque de 102 $

Par ailleurs, les parents d’enfants d’âge scolaire recevront encore une fois cette année une aide financière pour l’achat des fournitures scolaires, un montant qui s’élève à 102 $ par enfant, peu importe le revenu familial.

Cette somme permet généralement de couvrir les frais rattachés à la liste de matériel scolaire, mais ne permet pas nécessairement de couvrir les autres coûts rattachés aux photocopies ou à l’achat de cahiers d’exercices, qu’il faut aussi payer à l’occasion de la rentrée scolaire, souligne Kévin Roy.

Exemples d’articles qui doivent être fournis par l’école

Dictionnaires, grammaires, romans et outils de référence

Matériel d’arts plastiques (peinture, pâte à modeler, pastel, etc.)

Flûte à bec et autres instruments de musique

Jeux de cartes, jetons, dés et autre matériel de manipulation

Écouteurs, mouchoirs et lingettes

Exemples d’articles que les parents doivent acheter

Crayons, gomme à effacer, marqueurs, règle, ciseaux, etc.

Clés USB, cadenas, calculatrice de base ou scientifique

Documents dans lesquels l’élève écrit, dessine ou découpe

Uniformes scolaires et vêtements d’éducation physique

Serviettes et couvertures pour les périodes de repos

Source : ministère de l’Éducation

Un débat qui reste à faire

La facture scolaire a beau être plus claire, le débat entourant le financement et l’accessibilité à l’école publique reste à faire, affirme la Fédération des commissions scolaires.

C’est ce qu’a affirmé son président, Alain Fortier, qui réclame de manière plus large un grand débat de société sur les orientations à donner à l’école publique québécoise.

Le projet de loi qui a été adopté en juin permet de donner des balises claires aux écoles sur ce qu’il est permis ou non de facturer en matière de fournitures scolaires, mais aussi sur les sorties, le transport et les programmes particuliers.

Or les coûts reliés à l’inscription dans ces programmes — comme ceux en arts, sports ou informatique — ne font pas l’unanimité dans le réseau public, alors que Québec a confirmé leur légalité au moyen de cette nouvelle loi.

« Toute la discussion sur les frais chargés aux parents, qu’on a abordée sous l’angle de la clarté, ça renvoie à la question de l’accessibilité, de l’universalité et du financement », affirme M. Fortier.

À long terme

« Toutes les questions qui apparaissent dans le monde de l’éducation nous renvoient à des questions plus vastes, plus porteuses à long terme », ajoute-t-il.

Le scénario est semblable pour le projet de règlement déposé récemment par Québec, qui vise à élargir l’accès à la profession enseignante en permettant notamment à des éducatrices en services de garde d’enseigner en maternelle, sous certaines conditions.

Ces modifications, qui visent à combler les besoins de personnel enseignant dans les écoles, dans un contexte de pénurie, « nous ramènent à des questions de valorisation de la profession et sur la formation à donner aux gens qui accompagnent nos enfants », indique M. Fortier.

Vision plus large

La Fédération estime que le temps est venu de réunir tous les acteurs et partenaires du réseau de l’éducation afin d’en arriver à une vision plus large en éducation.

« On n’a pas le choix, lance M. Fortier. Qu’est-ce que la société veut pour son école publique ? Comment définir une école publique québécoise qui répond aux besoins du XIXe siècle ? »

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