/news/currentevents

La présence d’un extincteur sème la controverse

Arnaud Koenig-Soutière et TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Alors que l’homme accusé d’avoir mis le feu sur son ex-femme comparaissait au palais de justice de Québec dimanche, l’un des policiers qui l’escortaient tenait dans ses bras un extincteur, un geste qui n’a pas plu à certains.

«On ne connaît pas le contexte, mais ce que l’on voit soulève certainement des questions», a commenté Jean-François Brochu, expert en affaires policières et retraité de la Sûreté du Québec.

À LIRE ÉGALEMENT

Le suspect de 39 ans a comparu

En regardant les images captées par TVA Nouvelles lors de la comparution de Frej Haj-Messaoud, on peut en effet observer que l’autre policier se met à rire lorsqu’il constate que son collègue a sur lui un extincteur.

«Si c’est une mauvaise blague, ça va soulever des questions à la police de Québec», a ajouté Jean-François Brochu.

Ce dernier a d’ailleurs qualifié l’apparente blague de «jambette» envers le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

L’ex-policier a précisé que des mesures disciplinaires pourraient être prises envers les deux agents, comme un avis verbal, écrit ou des journées de suspension.

Sans justifier ce qu’il a observé, Jean-François Brochu a malgré tout tenté d’expliquer le geste des policiers.

«Dans la police, des fois, on se fait une carapace et on essaie d’être insensible aux situations. Ça n’excuse pas cependant d’avoir un tel comportement», a-t-il mentionné, ayant une pensée pour la victime qui lutte toujours pour sa vie après avoir été brûlée sur 50 % de son corps vendredi.

Une mise au point 

Si certains ont cru qu'il pouvait s'agir d'une blague de mauvais goût, le syndicat des policiers a voulu « rétablir les faits » dimanche en soirée, expliquant qu’il s’agissait d’une mesure supplémentaire pour assurer la sécurité du prévenu.

La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) a publié un communiqué pour expliquer la présence de l’extincteur.

Le syndicat explique qu’un des agents était muni d’un extincteur puisque le corps policier « ne pouvait ignorer la possibilité que des gens se soient rassemblés pour faire subir à l’accusé le même sort qui a été réservé à son ex-conjointe ».

« Je trouve aberrant qu’on tente de faire croire que des policiers aient manqué de professionnalisme à ce point », a réagi le président de la Fraternité, Marc Richard, faisant valoir que ses confrères « sont des professionnels dévoués qui ne jouent pas avec la sécurité des résidents, de leurs collègues et des accusés ».

La Fraternité a conclu son communiqué en déclarant qu’elle « n’émettra pas d’autres commentaires », passant outre le rire marqué du second policier.

Pour sa part, le SPVQ n’a pas fourni d’explications sur le déroulement du transfert.

 

 

Dans la même catégorie