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«J’aurais pu mourir à 5 ou 6 moments différents»

TVA Nouvelles

Fauché alors qu’il descendait de sa remorqueuse, Martin Pelletier rappelle aux automobilistes l’importance de respecter la loi sur le corridor de sécurité – que ce soit pour dépasser une remorqueuse ou un véhicule d’urgence.

«Les gens sont trop téméraires, au Québec. Ils comprennent pas la loi du corridor de sécurité. Ils attendent un véhicule d’urgence pour se tasser, et encore là... », se désole-t-il.

Lui-même a été victime d’un accident directement relié au non-respect de cette loi. En 2012, un véhicule l’a happé alors qu’il s’apprêtait à faire un remorquage en bordure d’autoroute.

«J’ai vu un flash de lumière, c’est tout ce dont je me rappelle», témoigne le remorqueur du groupe Laberge.

Dans les faits, il a été projeté 90 pieds plus loin, dans la voie de gauche. Son collègue s’est précipité pour lui venir en aide, parce qu’un autobus voyageur arrivait à pleine vitesse.

«S’il m’enlevait pas de là, l’autobus voyageur me passait dessus», se rappelle la victime. «Pendant cet accident, j’aurais pu mourir à 5 ou 6 moments différents».

Un délit commun

Nombreux sont les automobilistes à ne pas respecter la loi concernant le corridor de sécurité. Benoît Garneau, d’Urgences-Santé, est bien placé pour le savoir.

«Pratiquement à toutes les semaines, il y a des ambulanciers qui se font frôler par des véhicules pendant leurs interventions. Certains ambulanciers ont peur d’intervenir, il y a beaucoup de stress. Mais ils ont un travail à faire.»

Pierre Laberge, propriétaire du groupe Laberge, compte pour sa part deux employés qui ont été frappés par des conducteurs négligents.

Depuis son accident, Martin Pelletier implore les Québécois de respecter le corridor de sécurité. Il aimerait aussi des sanctions plus sévères pour les conducteurs belligérants. «C’est nos vies qui sont en danger, on a des familles. On veut rentrer à la maison le soir pour voir nos enfants.»

La loi, entrée en vigueur en 2012, oblige les conducteurs à créer un corridor de sécurité pour protéger les intervenants qui sont particulièrement vulnérables (policiers, pompiers, ambulanciers, contrôleurs routiers, opérateurs de dépanneuse, etc.). Un non-respect du corridor de sécurité est puni par une amende pouvant s’élever à 200 à 300 dollars et la perte de 4 points d’inaptitude.