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Un chauffard veut purger sa peine la fin de semaine

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Erik Peters/Agence QMI

Un jeune homme, qui a tué sa copine dans une violente collision survenue alors qu’il répondait à des textos en conduisant « gelé », veut s’en tirer avec une peine de 45 fins de semaine de détention.

C’est la sentence dont pourrait écoper Guillaume Laniel si le juge Joey Dubois donnait raison à la défense.

« Quatre-vingt-dix jours de prison discontinus et 240 heures de travaux communautaires seraient une peine juste et appropriée, tout en étant dissuasive », a suggéré Me Jordan Trevick, mercredi dernier.

Le criminaliste souhaite que le magistrat condamne son client de 22 ans à purger des fins de semaine de détention – au lieu d’une peine ferme consécutive – pour que celui-ci puisse poursuivre ses études à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et graduer l’an prochain comme prévu.

Le jeune homme a déjà subi la plus « horrible perte de sa vie », en tuant son amoureuse et devra vivre avec les conséquences de cet acte toute sa vie, a plaidé Me Trevick lors des représentations sur sentence.

Laniel a été reconnu coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort de sa copine Jo-Anny Lauzon, en mars dernier, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Semi-remorque

Le drame s’est produit le 17 décembre 2015 sur le boulevard de la Cité-des-Jeunes, aux Cèdres, en Montérégie. En cette soirée pluvieuse, le jeune homme a percuté de plein fouet un semi-remorque immobilisé en bordure de la route, tuant sa passagère de 18 ans sur le coup.

Laniel n’a fait aucune manœuvre pour éviter le poids lourd, dont les clignotants étaient pourtant allumés.

Selon la preuve présentée lors du procès, l’accusé avait un taux de 9,2 ng de THC par millilitre de sang lors de la collision fatale, soit près de deux fois la limite permise par le gouvernement fédéral lors de la légalisation du pot en octobre 2018.

Il a avoué avoir fumé 12 doses de résine de cannabis durant la journée, dont le quart trois heures avant de prendre le volant.

À l’époque, la consommation de marijuana était toujours illégale, et le jeune conducteur disposait d’un permis ayant une tolérance zéro aux intoxicants.

De plus, Laniel a envoyé quatre textos dans les six secondes précédant l’impact. Son attention a également été momentanément détournée de la route pour aider sa copine à chercher quelque chose qu’elle avait échappé sur le plancher du véhicule.

Trois ans réclamés

Compte tenu de cet ensemble de « mauvaises décisions », la Couronne est d’avis que le jeune homme devrait plutôt écoper de trois ans de pénitencier, suivis d’une interdiction de conduire allant jusqu’à cinq ans.

« La population doit comprendre que ce n’est pas correct de conduire après avoir consommé tout intoxicant, peu importe le taux, qu’on se sente correct ou pas. On doit envoyer un message clair à la société », a martelé Me Camille Taillefer.

Le juge Joey Dubois rendra sa décision cet automne.

Quelques réactions

« Jo-Anny était un petit rayon de soleil, une boule d’énergie, une personne avec une joie de vivre tout à fait exceptionnelle. [...] Son départ n’a été que dévastateur dans notre vie. »

- Manon Collin, mère de la victime

« Mes actions m’ont fait perdre la personne que j’aimais le plus au monde. [...] Vous ne méritez tellement pas cette peine, c’est ma faute. C’est juste moi qui devrais vivre avec les conséquences, pas vous. Je suis tellement désolé. »

- Le coupable Guillaume Laniel, à la famille de la victime

« C’était un miracle que mon fils n’ait rien, que des ecchymoses et des égratignures. Mais c’était aussi le plus grand désespoir de Guillaume. Il me répétait : “Pourquoi je n’ai rien, maman ? Je veux mourir, maman, je veux juste m’en aller avec elle”. »

- Josée Delorme, mère de Guillaume Laniel

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