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Escorté avec un extincteur: la police enquête à l’interne

Dominique Lelièvre et Arnaud Koenig-Soutière | Journal de Québec

La police de Québec a ouvert une enquête interne pour comprendre pourquoi l’un de ses agents tenait un extincteur en escortant l’homme accusé d’avoir mis le feu à son ex-conjointe, tandis que son collègue souriait, et invite à ne pas tirer des conclusions hâtives.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a réagi lundi matin, au lendemain de l’événement, qui a suscité beaucoup de questions du public et dans le milieu policier.

«Le SPVQ a pris connaissance, comme l’ensemble de la population, des images vidéo captées hier en fin d’après-midi et prend la situation au sérieux. Bien que la scène pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une mauvaise blague de la part des policiers, il serait prématuré d’en tirer des conclusions immédiates sans avoir pris le temps de faire une enquête pour établir l’ensemble des faits», affirme le sergent aux communications du SPVQ Étienne Doyon, dans un communiqué.

Une enquête interne, menée par le bureau des affaires internes et des normes professionnelles, a été ouverte, apprend-on.

«Les pensées du SPVQ sont toujours vers la victime et ses proches», a ajouté M. Doyon.

Leur syndicat réagit

Haj-Messaoud était en train d’être transféré de la centrale de police du parc Victoria vers un autre centre de détention de Québec, dimanche, quand la scène a été captée par les caméras des médias.

Deux policiers l’accompagnaient vers une camionnette devant l’immeuble. Pendant que l’un transporte un extincteur dans ses bras, l’autre pouffe de rire.

La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) a publié un communiqué dimanche soir pour défendre la présence de l’extincteur.

Le syndicat explique qu’un des agents était muni d’un extincteur parce que le corps policier «ne pouva[i]t ignorer la possibilité que des gens se soient rassemblés pour faire subir à l’accusé le même sort qui a été réservé à son ex-conjointe».

«Aberrant»

«Je trouve aberrant qu’on tente de faire croire que des policiers auraient manqué de professionnalisme à ce point», a réagi le président de la Fraternité, Marc Richard, faisant valoir que ses confrères «sont des professionnels dévoués qui ne jouent pas avec la sécurité des résidents, de leurs collègues et des accusés».

La Fraternité a conclu son communiqué en déclarant qu’elle «n’émettra pas d’autres commentaires», passant outre le rire marqué du second policier.

Pour sa part, le SPVQ n’a pas fourni d’explications sur le déroulement du transfert.

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