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La SAQ maintenant favorable à la consigne

Annabelle Blais | Journal de Québec

DM recyclage SAQ-01

Daniel Mallard/JOURNAL DE QUEBEC

La Société d’alcool du Québec (SAQ) se ravise et se dit maintenant favorable à l’instauration d’une consigne sur les bouteilles de vin... mais pas question que ses succursales deviennent des points de dépôt.

«Si l’atteinte de cet objectif [l’amélioration le taux de recyclage du verre] passe par un changement de type de collecte et donc par la mise en place d’une consigne sur le verre, la SAQ appuiera l’initiative», a déclaré sa PDG Catherine Dagenais devant la commission parlementaire sur le recyclage du verre qui se déroule cette semaine à l’Assemblée nationale à Québec.

La Société d’État s’y était toujours opposée par le passé. Et tout en se disant maintenant favorable, la PDG a surtout insisté sur les nombreux défis que représente la consigne.

« Le réseau de la SAQ ne serait pas optimal pour accueillir les points de collecte [...] nos succursales n’auraient pas l’espace », a expliqué Mme Dagenais. Cela représenterait quelque 200 millions de bouteilles par année.

La Société étant locataire de la plupart de ses succursales, elle devrait briser ses baux ce qui représenterait des coûts très importants sans parler des délais de mise en œuvre.

La SAQ finance à hauteur de 12% le coût total de la collecte sélective. Advenant que les bouteilles de vin soient retirées du bac bleu, il y aurait donc un manque à gagner. Le gouvernement devrait alors prévoir une compensation financière.

La présidente de la SAQ, Catherine Dagenais, qui participe à la commission a d’ailleurs paru embarrassée lorsque le député libéral Gregory Kelley lui a demandé quels étaient les avantages à la consigne élargie.

« C’est une très bonne question, a-t-elle répondu après une hésitation. « Je suis ici pour dire comme Société d’État que la SAQ a un devoir de s’assurer que le verre qu’elle met en circulation soit recyclé », a-t-elle expliqué.

Mme Dagenais a toutefois reconnu que les Québécois s’attendaient à ce que la SAQ assume un leadership dans la collecte du verre. « Ils sont outrés par le fait que bien qu’ils aient intégré le geste de déposer leur contenant dans le bac ceux-ci finissent par se retrouver largement dans les sites d’enfouissement. »

En 2018, 72% du verre généré est envoyé sur les sites d’enfouissement, ce qui ne répond pas aux objectifs de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, a d’ailleurs rappelé Sonia Gagné, PDG de Recyc-Québec, lundi.

Personne n’en veut

Si la SAQ ne veut pas de ses bouteilles, les épiceries et les dépanneurs n’en veulent pas plus.

« Les dépanneurs n'ont pas l'espace nécessaire pour en gérer beaucoup plus, puisque nos entrepôts débordent déjà. N'en jeter plus la cour est pleine », dit l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDQE).Le système de consigne actuel pour les bouteilles et les cannettes est déjà sous pression avec l’arrivée de plusieurs formats différents de bouteilles de bière, conséquence de la popularité grandissante des microbrasseries a expliqué l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).

« De nombreux contenants ne sont peu ou pas récupérés par les microbrasseries qui les mettent en marché, explique Stéphane Lacasse de l’ADA.Si le gouvernement va tout de même de l’avant avec une consigne, les dépanneurs demandent alors de doubler la prime versée aux détaillants pour la faire passer de 2 à 4 cents. Cette prime n’a pas été augmentée depuis 1984, a insisté le président de l’AMDQE Yves Servais.

 Éco-entreprise Québec croit, pour sa part, que la consigne est une « fausse bonne idée » et qu’il faudrait miser sur les débouchés locaux pour la revalorisation du verre en plus de moderniser les centres de tri.

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