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L’ambassadeur tunisien dénonce un «geste insensé»

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Courtoisie

L’ambassadeur tunisien au Canada se dit « choqué » par le drame affligeant une famille de ressortissants de son pays à Québec, surtout « par la façon » dont il s’est produit, alors qu’une femme de 27 ans a été transformée en véritable torche humaine, présumément par son ex-mari, vendredi dernier.

En poste à Ottawa depuis près de deux ans, Mohamed Imed Torjemane reconnaît ne jamais avoir entendu parler d’un geste aussi horrible impliquant des ressortissants tunisiens au Canada.

« Mes premières pensées vont à la jeune dame, à sa famille, et surtout à ses enfants en bas âge », insiste d’abord M. Imed Torjemane.

« Sincèrement, j’ai été choqué par la façon, poursuit-il. Nous avons une communauté, dans la province de Québec, qui est très bien intégrée. Il y a très, très peu de problèmes de ce genre. »

« Déplorable »

En entrevue avec Le Journal, il parle d’un acte « insensé », « déplorable » et « terrible », qui est survenu en plus « à la veille d’une fête religieuse parmi les plus importantes, où les mots solidarité et rassemblement sont les premières choses auxquelles on pense », dit-il, en faisant référence au jour de l’Aïd El Kebir, une célébration de la première importance pour les musulmans. « Malheureusement, cet événement vient perturber ce moment de communion », regrette-t-il.

Le suspect, Frej Haj-Messaoud, et son ex-conjointe, brûlée sur la moitié de son corps, avaient immigré au Québec il y a plusieurs années, selon nos informations.

Proximité

Le consulat tunisien promet d’être aux côtés de la victime et de sa famille dans l’épreuve, notamment pour toute question relative à la présence de proches au Québec. « Dans de pareils cas, c’est la proximité [qui compte]. On se tient prêts pour les aider comme ils le souhaitent », mentionne Mohamed Imed Torjemane.

L’ambassadeur espère que ces événements n’entraîneront pas de sentiment anti-musulman, évoquant un crime « contre l’humanisme tout court ».

« Les conflits au sein d’un groupe, ça arrive partout, fait-il remarquer. [...] Je souhaite que ce drame soit circonscrit à ses limites de drame familial », a-t-il soutenu. On compte quelque 35 000 ressortissants tunisiens au Canada. De ce nombre, 70 % habitent la province de Québec. Il y a environ 2000 résidents d’origine tunisienne dans la ville de Québec.

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