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Un 12 août profitable pour les librairies

Gabriel Beauchemin | Agence QMI

Des librairies de Montréal ont connu un lundi heureux à l’occasion de la journée «J’achète un livre québécois», alors que leurs ventes ont augmenté de façon fulgurante.

«Elle est énorme la différence, a soutenu d’emblée Oscar Eric Simard, co-propriétaire de La librairie du Square, sur la rue Saint-Denis. J’ai fait l’équivalent d’une journée et demie et il est à peine 13h30. Je n’ai pas le temps de faire autre chose que de servir les clients aujourd’hui, ce qui est super.»

Lancée une première fois en 2014 sous l’initiative des auteurs Amélie Dubé et Patrice Cazeault, la journée «J’achète un livre québécois» s’inscrit de plus en plus au sein des habitudes des habitants de la Belle Province.

«Il y a beaucoup de personnes qui entrent en mentionnant qu’étant donné que c’est le 12 août, ils viennent dans une librairie indépendante acheter un livre québécois», a indiqué Karelle Villeneuve, libraire chez Zone libre.

S’il peut s’avérer plus difficile de passer par une librairie une journée de semaine, plusieurs ont décidé de s’en remettre à leur site web.

«On a beaucoup de ventes sur internet aussi. Il y a beaucoup de gens qui travaillent qui vont décider de faire leur "12 août" en ligne, a expliqué Sandrine Bourget-Lapointe, de la librairie féministe L'Euguélionne. On a pris tout de même la peine de tout tasser et de mettre uniquement du québécois en présentation. C’est beaucoup de travail pour les libraires, mais on espère que ça va payer.»

Coups de cœur

Alors que l’après-midi venait tout juste de s’entamer, quelques grands vendeurs de la journée ressortaient déjà.

«"Ce qu’on respire sur Tatouine", de Jean-Christophe Réhel, j’en avais une bonne pile, et là, je n'en ai plus du tout, a mentionné Oscar Eric Simard. Le dernier recueil de poésie de Mauve Veilleux, "Une sorte de lumière spéciale", c’est un titre qui roule aussi.»

Quelques livres ont également connu beaucoup de succès à la librairie L’Euguélionne. «La poésie de Joséphine Bacon, surtout son dernier recueil "Quelque part". Également, le livre "On ne peut plus rien dire", de Judith Lussier, ce sont nos meilleurs vendeurs aujourd’hui», a mentionné Sandrine Bourget-Lapointe.

Les choix du premier ministre

Rencontré par hasard à la libraire Le port de tête sur l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, le premier ministre François Legault a profité lundi de la journée du 12 août pour se procurer quatre livres québécois.

 

Le premier ministre lit entre une demi-heure et une heure chaque soir, ce qui lui donne un rythme de 40 à 50 livres par année, estime-t-il. Cette activité lui permet de s'évader un instant du rythme parfois effréné de la politique au Québec.

«L’année passée, mon coup de cœur, ça avait été "Le plongeur", mais cette année, c’est vraiment le livre "Ouvrir son cœur", d’Alexie Morin, a détaillé François Legault. L’idée de lire chaque soir, c’est également pour enlever l’anxiété, oublier un peu les soucis. Ça fait voyager.»

Cette année, il a choisi quatre titres qu'il s'est fait recommander: «La bête intégrale» (David Goudreault), «Le fleuve» (Sylvie Drapeau), «Une affection rare» (Catherine Lemieux) et «Manuel de la vie sauvage» (Jean-Philippe Guérard).