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Émile Gaudreault: le maître de la comédie

Maxime Demers | Le Journal de Montréal

PHOTO AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

Émile Gaudreault aurait-il trouvé la recette du succès ? Avec sa nouvelle comédie Menteur, qui fait un tabac dans les salles, le réalisateur a vu l’ensemble de ses films franchir la barre des 30 millions $ au box-office québécois, un sommet pour un cinéaste de chez nous.

Il est l’homme derrière les mégasuccès De père en flic 1 et 2. C’est aussi lui qui a réalisé Nuit de noces, Mambo Italiano et Le sens de l’humour, trois autres comédies qui ont cartonné au box-office.

Les chiffres le prouvent : Émile Gaudreault est le maître de la comédie populaire au Québec. Ses neuf longs métrages cumulent à ce jour des recettes de plus de 30 M$ au box-office québécois, selon les données de l’agence Cinéac. À titre de comparaison, Ricardo Trogi et Louis Saia, deux autres experts en comédies populaires, ont amassé respectivement 15,1 M$ et 19,2 M$ avec l’ensemble de leurs films.

La recette du succès d’Émile Gaudreault est simple : le travail. Et une constante remise en question.

« Je crois sincèrement que la recette du succès, c’est d’être profondément conscient qu’il n’y a pas de recette et qu’il faut vraiment recommencer à zéro chaque fois », indique humblement le cinéaste, en entrevue avec Le Journal.

« Je n’ai pas de touche magique, et Louis-José Houde [qui joue dans quatre de ses films les plus populaires] non plus. D’ailleurs, quand Louis-José anime l’ADISQ, il répète pendant quatre mois son numéro d’ouverture. J’applique cette même rigueur pour chacun de mes films. Il faut vraiment être conscient que ça demande énormément de travail pour se remettre constamment en question, autant pendant les deux années d’écriture que pendant le tournage et le montage du film. Il faut toujours se demander comment on peut rendre cette histoire plus touchante et plus drôle. »

La comédie de l’été

Sortie le 10 juillet dernier, Menteur est sans contredit la comédie de l’été au Québec. En seulement un mois à l’affiche, le film qui met en vedette Louis-José Houde et Antoine Bertrand a récolté plus de 4,6 M$ aux guichets des cinémas de la province. Ses recettes totales au Québec dépassent déjà celles de plusieurs grosses productions hollywoodiennes­­­ comme Aladdin et Spider-Man : loin des siens.

« Je suis vraiment content que le film continue à bien marcher semaine après semaine », souligne Émile Gaudreault, qui a fait ses débuts dans le milieu artistique comme humoriste dans le Groupe sanguin.

« Menteur n’est pas une suite ni un remake, donc il n’y avait aucune garantie de succès. Ce n’est pas évident de nos jours d’attirer les spectateurs avec des films originaux, car dans le contexte du cinéma actuel, ce sont surtout les remakes et les suites qui fonctionnent au box-office. Mais nous, à notre troisième fin de semaine à l’affiche, on avait encore des salles qui étaient remplies à craquer. Je trouve qu’il y a quelque chose de très sain dans le fait que des gens choisissent d’aller voir un film de chez nous alors qu’il y a beaucoup de grosses productions hollywoodiennes à l’affiche. Si je me retire de l’équation totalement, je trouve ça merveilleux pour le Québec. C’est dommage qu’on ne voie pas ça plus souvent. »

Compte tenu du succès de ses comédies précédentes, Émile Gaudreault avoue ressentir une certaine pression chaque fois qu’il lance un nouveau film. Depuis quelques années, il a d’ailleurs pris l’habitude de partir en vacances à l’extérieur du pays le jour où son film prend l’affiche.

« Ça me permet de décrocher parce que sinon, ça peut devenir vraiment intense, admet-il. Si je voulais, je pourrais avoir les résultats du box-office­­­ chaque jour sur mon téléphone, savoir si les réactions sont positives après les projections et si le bouche-à-oreille est bon. Quand on sort un film, il y a toujours un élément de stress qui n’est pas vraiment utile. Et que les nouvelles soient bonnes ou pas, je préfère me tenir loin de cela. »

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